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MANUSCRITS DE NAG HAMMADI
volume « Le tonnerre »
« Car je suis la connaissance et l'ignorance. Je suis la honte et l'audace. Je suis effrontée  je suis honteuse. Je suis la force et je suis la peur. Je suis la guerre et la paix. Écoutez-moi bien. Je suis celle qui est déshonorée et celle qui est grande. ».
www.lejardindeslivres.fr www.lejardindeslivres.com plus de 1400 pages à lire
traduction française © Le Jardin des Livres 2009 243 bis, Boulevard Pereire – Paris 75827 Cedex 17
Toute reproduction, même partielle par quelque procédé que ce soit, est interdite sans autorisation préalable. Une copie par Xérographie, photographie, support magnétique, électronique ou autre constitue une contrefaçon passible des peines prévues par la loi du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1995, sur la protection des droits d'auteur.
INTRODUCTION Pr. James M. Robinson
~ 1 La place des textes La bibliothèque de Nag Hammadi est une collection de textes variant largement quant aux auteurs, dates et aux lieux où ils ont été écrits. Les points de vue exposés divergent à un tel degré que l'on considère que ces textes ne proviennent pas d'un seul groupe ou mouvement. Pourtant, ces documents diversifiés devaient avoir quelque chose en commun puisque ceux qui les ont rassemblés les ont choisis. Les collecteurs ont sans aucun doute contribué à cette unité en y trouvant des sens cachés que les auteurs originaux n'avaient pas pleinement considérés. Après tout, L'Évangile de Thomas débute avec une phrase adressée aux sages : « Celui qui trouvera l'interprétation de ces paroles n'expérimentera pas la mort ». Ainsi les textes peuvent être lus selon deux niveaux : ce que l'auteur original avait l'intention de communiquer et ce que les textes voulaient ultérieurement transmettre. Les idées directrices à la base de leur réunion sont un éloignement de la masse humaine, une affinité avec un ordre idéal qui transcende totalement la vie telle que nous la connaissons, et un style de vie radicalement différent de l'usage commun. Le style de vie par exemple, impliquait d'abandonner tous les dieux auxquels les gens aspiraient habituellement et de désirer l'ultime libération. Ce n'est pas une révolution agressive qui est désirée, mais plutôt le retrait d'une participation à la contamination qui détruit la clarté de la vision. Dans ce cadre, les idées directrices de cette bibliothèque ont bien des choses en commun avec le christianisme primitif, avec la religion orientale et avec les « hommes saints » ( et les femmes ) de tous temps, et avec des équivalents contemporains plus séculaires, comme les mouvements de contre-culture des années 60.
Le détachement des dieux d'une société de consommation, se retirer dans des communautés de pensée à l'écart des grandes villes où règnent l'agitation et le désordre, la non-implication dans les compromis politiques, le partage d'un savoir de groupe, tant sur un idéal que sur la course au désastre culturel et l'alternative radicale généralement non connue, tout cet ensemble sous des atours modernes est la véritable contestation enracinée dans les documents de la bibliothèque de Nag Hammadi.
Pour être exact, ces racines, aussi fascinantes et provocantes soient-elles, peuvent également être déconcertantes et même frustrantes, non seulement pour ce qu'elles ont à dire à la personne peu ouverte, mais aussi pour la personne plus attentive qui cherche à suivre la petite lumière luisant faiblement à travers le flux du langage. Car l'essentiel de Nag Hammadi a été maltraité et fragmenté par le processus historique qui l'a mis au jour. Une opération de sauvetage est donc aujourd'hui nécessaire à de nombreux niveaux si on veut clairement comprendre son essence.
La mythologie et les anciennes traditions religieuses et philosophiques étaient les seules choses disponibles pour exprimer ce qui était, en fait, une position plutôt peu traditionnelle. En réalité, elle était trop radicale pour s'établir au sein des religions organisées ou des écoles philosophiques de l'époque  capable de l'emporter sur les institutions éducatives d'une culture afin de développer et clarifier ses implications.
Les écoles gnostiques ont commencé à émerger dans le christianisme et le néoplatonisme jusqu'à ce que les deux s'accordent finalement pour les exclure comme une « hérésie » du gnosticisme. Ainsi, les formulations philosophiques et les mythes significatifs et éloquents de cette position radicale sont, à leur tour, devenus des traditions confuses, réutilisées par des auteurs ultérieurs et moindres, et dont les versions mitigées, pour ne pas dire troubles, ne peuvent pas avoir été les principales de ce qui a survécu ( bien qu'il y ait de nombreux « classiques » dans la bibliothèque de Nag Hammadi ).
Les textes furent traduits en copte, un par un, à partir du grec, et pas toujours par des traducteurs aptes à saisir la profondeur ou la beauté de ce qu'ils cherchaient à traduire. Le traducteur d'un bref fragment de La République de Platon n'a visiblement pas compris le texte, bien qu'il paraissait de toute évidence édifiant et méritait d'être traduit. Heureusement, la plupart des textes sont mieux traduits, mais quand il s'agit de reproduction, chacun peut sentir la différence entre une bonne et une médiocre traduction – ce qui amène à s'étonner sur la majeure partie des textes qui existent sous une seule version.
Le même genre de risque existe dans la transmission des textes par une série de scribes qui les ont recopiés, génération après génération, à partir de copies de plus en plus corrompues, d'abord en grec puis en copte. Le nombre d'erreurs involontaires est difficilement estimable, puisqu'il n'existe pas de contrôle des copies en tant que tel  ne possédons pas non plus, comme dans le cas de la Bible, quantité de manuscrits pour un même texte qui permette de les corriger en les comparant les uns aux autres. Il ne peut être corrigé quand l'erreur est détectable, en tant que telle, dans l'unique copie que nous possédons.
S'ajoute à cela la détérioration physique des livres eux-mêmes, qui a sans aucun doute débuté avant qu'ils ne soient enfouis vers 400, et qui s'est poursuivie durant leur enfouissement. Malheureusement, elle n'a même pas été stoppée entre leur découverte en 1945 et leur conservation définitive quelques 30 ans plus tard. Quand il ne manque que quelques lettres, elles peuvent souvent être restituées convenablement, mais les lacunes plus importantes doivent simplement rester des espaces vides.
Le lecteur ne doit pas être induit en erreur par de tels obstacles à la compréhension, en pensant que la position inhérente à ces essais ne mérite pas une considération sérieuse. Au contraire, nous sommes ici en présence d'une compréhension de l'existence, d'une réponse au dilemme humain, d'une attitude envers la société qui sont dignes d'être prises au sérieux par toute personne capable et désireuse de débattre de ces ultimes questions. Cette position basique n'a été, jusqu'ici, presque exclusivement connue que par la vision myope des chasseurs d'hérésie, qui font souvent des citations uniquement pour mieux les réfuter ou les ridiculiser. Ainsi, la découverte de la bibliothèque de Nag Hammadi offre un accès inattendu à la position gnostique, présentée par les gnostiques eux-mêmes. Elle pourrait offrir de nouvelles racines aux déracinés.
Ceux qui rassemblèrent ces livres étaient des chrétiens, et nombre de ces essais furent à l'origine composés par des chrétiens. Dans un sens cela ne devrait guère être surprenant, puisque le christianisme primitif était lui-même un mouvement radical. Jésus demandait un total changement de valeurs, préconisant, comme nous l'avons appris, la fin du monde et son remplacement par un style de vie plutôt nouveau et utopique dans lequel l'idéal serait réel. Il adopta une position plutôt indépendante vis à vis des autorités de l'époque... et ne perdura pas très longtemps avant qu'elles ne l'éliminent. Pourtant, ses disciples réaffirmèrent sa position : pour eux, il était venu pour personnifier le but ultime. Néanmoins, parmi les plus pragmatiques de son cercle, certains suivirent un mode de vie plus conventionnel. Petit à petit, le cercle devint une organisation établie ayant pour souci assez naturel de maintenir l'ordre, la continuité, les voies de l'autorité et la stabilité. Mais ce souci pouvait encourager une obligation au statu quo, en concurrençant et en l'emportant parfois sur l'obligation du but ultime, bien au-delà de toute réalisation. Ceux qui nourrissaient le rêve radical, l'espoir ultime, pourraient avoir tendance à l'abandonner en le comparant injustement avec ce qui avait été réalisé, et ainsi paraître déloyaux et constituer une sérieuse menace à l'organisation.
Au fil du temps et avec le changement d'environnement, la situation culturelle se modifia, et le langage qui exprimait une telle transcendance, radicale, subit aussi des changements. Le monde de pensée d'où provenait Jésus et ses premiers disciples était la piété populaire de la synagogue juive, mise au point selon les termes du rite de passage de Jean le Baptiste à partir de l'ancien régime pour le nouveau monde idéal dont l'avènement dramatique allait se produire prochainement.
Dans ce mode de pensée, le système du mal qui prévaut n'est pas la façon dont les choses existent intrinsèquement. En principe, et même si cela n'existe pas dans la pratique, le monde est bon. Le mal qui s'est propagé à travers l'histoire est un fléau, tel un étranger au monde. Mais pour certains, la vie s'annonçait de plus en plus sombre  la toute première origine du monde était attribuée à une faute terrible, et on donna au mal le statut de dirigeant suprême, pas simplement comme une usurpation de l'autorité. Le seul espoir semblait donc résider dans la fuite.
Parce que les hommes, ou du moins certains, ne sont pas, au fond, le produit de ce système absurde, et parce que par leur nature même, ils appartiennent au Suprême. Leur situation désespérée résidait dans le fait d'avoir été dupés, leurrés et pris dans un piège qui consistait à essayer d'être satisfait d'un monde impossible, à l'écart de leur véritable patrie. Et pour certains, se concentrer sur l'intériorité sans être détournés par des facteurs extérieurs est devenu la seule manière d'atteindre la paix, la vue d'ensemble, et la fusion dans le Tout qui est la destinée de l'étincelle du divin en chacun. Par conséquent le gnosticisme chrétien émergea comme une réaffirmation de la position originale, bien qu'en des termes quelque peu différents, sur la transcendance au cœur des débuts du christianisme. Ces chrétiens gnostiques se considérèrent sûrement comme la continuation fidèle, dans des circonstances changeantes, de cette position originale qui fit des chrétiens... des Chrétiens.
Mais les termes quelque peu différents dans des circonstances changeantes impliquaient aussi des divergences réelles : d'autres chrétiens ont clairement considéré le gnosticisme comme une trahison de la position originale chrétienne. C'était la conviction de ceux qui s'étaient adaptés au statu quo, mais également, et sans nul doute, de certains qui retenaient la force de la protestation originale et l'espoir ultime. Le fait de se départir du langage original pourrait être exploité pour unir l'opposition à travers l'ampleur de l'église. Ainsi, les gnostiques en vinrent à être exclus de l'Église en tant qu'hérétiques. D'ailleurs, dans le Nouveau Testament, deux de ces gnostiques furent reniés au début du IIe siècle ( 2 Timothée 2:16-18 ).
Évite les bavardages vides et verbeux  de plus en plus loin sur les routes impies, et leur enseignement contaminateur s'étendra comme une gangrène. Tels sont Hyménée et Philétos  loin de la vérité en disant que notre résurrection a déjà eu lieu, et ils bouleversent la foi des gens (suite dans le livre).
LE TONNERRE : ESPRIT PARFAIT1 (VI, 2)
Introduction et traduction George W. MacRae Edition Douglas M. Parrott
Le titre se présente comme double : « Le Tonnerre » n'est pas lié à l'« Esprit Parfait » d'un point de vue syntaxique, mais il est séparé par un signe de ponctuation (:). Il n'est nulle part évoqué dans le corps de l'œuvre (sauf si l'on reconstitue « esprit [parfait] »). Dans son contenu, Le Tonnerre est virtuellement unique dans la bibliothèque de Nag Hammadi, et également très inhabituel. C'est un discours de révélation par une figure féminine qui n'est par ailleurs pas spécifiquement identifiée, sauf peut-être par le titre. L'œuvre n'a pas de divisions structurelles apparentes mais est écrite à la première personne, entremêlant et combinant trois types de déclarations  suis »  l'orateur ou à tenir compte de ses paroles  reproches pour des défauts d'attention ou d'amour, etc. Le trait le plus distinctif est que les auto-proclamations sont le plus souvent antithétiques ou même paradoxales. Le parallélisme de forme suggère qu'à l'origine celles-ci pouvaient faire partie d'une composition hymnique. Des équivalents à ce genre révélatoire sont apportés par des sources variées. Dans L'Origine du monde (II, 5. 114 7-5) l'Eve céleste prononce une auto-proclamation hymnique qui est très similaire au Tonnerre (13 19-14 9), et une trace du même texte, bien qu'il ne soit pas sous la forme d'une auto-proclamation, se trouve dans un contexte similaire dans l'Hypostase des archontes (II, 4 : 89 14-17).
Il est peut-être significatif que le passage du Tonnerre ainsi mis en parallèle ne soit pas répété dans l'œuvre, alors que de nombreuses autres auto-proclamations ont lieu plus d'une fois dans Le Tonnerre, parfois sous des formes variées. Dans d'autres œuvres de Nag Hammadi comme (suite dans le livre)
Table des Matières
Page 5 : Signes Textuels
Page 7 : Introduction de James M. Robinson
Page 45 : Le Tonnerre Esprit parfait
Page 61 : Apocryphon de Jacques
Page 79 : Evangile de Vérité
Page 105 : Hypostase des Archontes
Page 121 : L'Apocryphon de Jean
MANUSCRITS DE NAG HAMMADI
volume 1 :
L'ÉVANGILE DE MARIE-MADELEINE
L'APOCALYPSE DE JACQUES
L'ÉVANGILE DE THOMAS
L'ÉVANGILE DE PHILIPPE
LE DIALOGUE DU SAUVEUR
EUGNOSTE LE BIENHEUREUX et LA SOPHIA DE JESUS CHRIST
commandez-le chez votre libraire ou au Jardin des Livres www.lejardindeslivres.fr 01 44 09 08 78 1NdT : au sens d'intellect, d'entendement.
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