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Satyajit Das est un financier mondialement connu, spécialiste du risque bancaire. Avec Extreme Money, il raconte avec verve et un humour glacé comment la crise a été vécue au sein de Wall Street par les traders, et pourquoi leurs réactions et leurs actions ne peuvent qu'être qualifiées de « surréalistes », surtout lorsqu'on regarde un peu en arrière...

Une analyse dévastatrice d'un homme de l'intérieur sur l'alchimie financière de ces 30 dernières années. Nouriel Roubini, New York State University.

Une vision alternative et perturbante de la réalité Simon Johnson, MIT Sloan School of Management.

Das décrit les causes de la crise ... et toute sa folie Brooksley Born, ex présidente de la CFTC.

Ce livre est le meilleur sur la crise... et Das est un maître Charles Morris, auteur de Two Trillion Dollar Meltdown.

Quand vous voyez apparaître Lewis Caroll, Max Weber, Alan Greenspan et Sigmund Freud dans les premières pages, vous savez que vous allez lire un tour de force intellectuel Frank Partnoy, University of San Diego.

Satyajit Das

Extreme Money

La crise financière vécue et racontée de l'intérieur par un trader de Wall Street

Avant-propos pour les lecteurs de la version française


Dans la pièce En attendant Godot de Samuel Beckett, le critique littéraire irlandais Vivian Mercier a remarqué que rien ne se passe deux fois de suite! Les personnages centraux, Vladimir et Estragon, attendent Godot en vain.
En attente d'une reprise évasive, l'économie mondiale ressemble à l'intrigue absurde de Beckett. La crise financière mondiale a été le résultat d'une accumulation excessive de la dette, des déséquilibres commerciaux, des flux de capitaux et surtout de la financiarisation à outrance de l'économie. L'ensemble a été soutenu par des structures politiques et sociales dépendantes d'une consommation basée sur la dette et des niveaux croissants de titrisations. Depuis que ces problèmes sont devenus évidents, les politiques ont eu du mal à stabiliser l'économie et le système financier. Le physicien Niels Bohr a fait valoir que « Chaque grande et profonde difficulté porte en soi sa propre solution. Elle nous oblige à changer notre façon de penser afin de la trouver  ». Malheureusement, les politiciens et les décisionnaires n'ont pas été capables, ou n'ont pas voulu changer leur cadre de référence. Les vraies solutions consistaient simplement à réduire la dette, à inverser les déséquilibres, à diminuer la financiarisation de l'économie et à obliger les financiers à changer de comportement. À court terme, ces mesures auraient entraîné une contraction économique importante, un niveau de vie plus bas et des acquis sociaux réduits. À long terme, cela aurait débarrassé le système de ses dérives insoutenables et de créer les bases pour la reprise.
Mais plutôt que de résoudre les problèmes fondamentaux, les politiques ont substitué les dépenses publiques financées par la dette d'Etat, ou par les banques centrales, et ont amplifié l'arrivée d'argent frais par la planche à billets pour stimuler la demande. Les politiciens et les universitaires utopistes ont espéré qu'une forte croissance et une hausse de l'inflation permettrait de corriger les problèmes. Mais malgré un manque flagrant de réussite, ils ont continué avec les mêmes programmes politiques. Ils avaient suivi les conseils de Samuel Beckett à la lettre: « Jamais essayé. Jamais échoué. Peu importe. Essayer encore une fois. Échouer à nouveau. Mais échouer "mieux"  ».

Cinq ans plus tard dans la crise, les niveaux de dette des principaux pays ont augmenté. Les déséquilibres mondiaux ont légèrement diminué mais à cause de croissances économiques plus lentes. Des pays comme la Chine et l'Allemagne ont hésité à « gonfler  » leurs économies, s'éloignant ainsi de leur modèle basé sur l'exportation. Et les principaux emprunteurs comme les Etats-Unis, ont refusé de réduire leurs dépenses et de mettre de l'ordre dans leurs finances publiques. L'enthousiasme pour les changements fondamentaux sur le rôle des instituts financiers s'est évanoui, en partie par crainte que la diminution de crédit amènerait avec elle une croissance économique plus faible.
Les politiciens pensent que leur cocktail de mesures peut fonctionner, et utilisent un jargon impénétrable, des mathématiques obscures et des idéologies fatiguées pour dissimuler leurs échecs et leurs limites. Il n'est pas du tout clair comment l'augmentation des emprunts du gouvernement et l'usage de la planche à billets (le politiquement correct Quantitative Easing) peuvent rétablir la santé de l'économie. L'une des propositions a été une "chasse au trésor" où l'argent a été enterré et la population invitée à le retrouver et le dépenser. D'autres propositions comprenaient des limites de temps mises sur l'usage de l'argent qui perdrait toute sa valeur s'il n'était pas dépensé avant une date imposée. Il semble l'Argent Extrême soit devenu encore plus extrême. Les gouvernements ont montré bien peu d'empressement à révéler au public l'ampleur des problèmes économiques, le manque de solutions et le coût des éventuelles mesures correctives. Pour paraphraser Alexander Soljenitsyne, pour les politiques « le mensonge permanent [est devenu] la seule forme sûre d'existence  ». Mais les citoyens normaux, un peu partout dans le monde, se sont rendus compte de la situation et savent maintenant que ce sera à eux de payer les coûts de la crise financière. Et ils craignent un marché de l'emploi en baisse, des salaires de misère et la perte de leurs économies, globalement de voir une baisse radicale de leur niveau de vie. Les plus fragiles craignent de devenir ce que le poète Rainer Maria Rilke a appelé le peuple « à qui ni le passé, ni l'avenir n'appartiennent  ». Le risque de pannes économiques, sociales, politiques et internationales rappelant les années 1920 et 30 est réel. Un déficit de démocratie est désormais aussi grave que les déficits budgétaires et commerciaux. De précieux capitaux politiques et économiques ont été gaspillés. L'inadéquation des solutions politiques avec des effets secondaires toxiques sont toujours poursuivies, ce qui diminue les chances d'une reprise. Chesterton a écrit « Ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas voir la solution, en fait c'est qu'ils ne peuvent voir le problème  ». Au début de la crise, le choix a toujours été « la douleur maintenant  » ou « une agonie prolongée plus tard  ». Maintenant, face à problèmes économiques écrasants, ainsi que des questions d'environnement et de la rareté des ressources, les politiques ne peuvent plus rien offrir hormis de petits soins palliatifs. Dans le roman Le soleil se lève aussi de Hemingway, un personnage, à qui on a demandé comment il avait fait faillite, répond: « De deux façons: petit à petit, puis d'un seul coup  ». C'est une description précise de la trajectoire économique actuelle. En attente d'une reprise qui ne vient jamais, comme Vladimir et Estragon attendant Godot, les politiques détournent les actions et les délibérations « pour maintenir à distance le silence terrible  ». Au mieux, l'économie mondiale vivra une période prolongée de stagnation. Le dictateur espagnol Franco avait un jour expliqué qu'il y a des problèmes qui se règlent avec le temps et d'autres que le temps ne guérit pas. Seul le temps nous dira face à quel type de problèmes nous nous trouvons.

Satyajit Das

Prologue : l'arrogance

Arrogance – dans la tragédie grecque classique, se dit du défi insolent causé par l'excès d'orgueil face aux dieux.
$$$ Les dialectes des subprimes « Qu'est-ce qu'un pauvre Américain qui n'honore pas ses engagements à Looneyville, Virginie, a de commun avec moi ?  » Derrière ses lunettes haute technologie, faites en titane et ornées de pois rouges et blancs, la voix anxieuse du Docteur Flick trahit un sentiment inhabituel d'insécurité. J'ai appris que Looneyville était une véritable ville. En 2007, les citoyens américains affichaient un retard énorme au niveau de leurs remboursements de prêts hypothécaires à Gravity Iowa, Mars Pennsylvania, Paris Texas, Venus Texas, Earth Texas et Saturn Texas.

Depuis 2000, les prix du logement aux États-Unis avaient considérablement augmenté, du fait à la fois de faibles taux d'intérêt, d'une économie forte et en croissance et du désir fondamental de posséder sa propre maison. Le président américain George Walker Bush, diplômé de Harvard, avait exposé le programme de son administration : « Nous voulons que le plus grand nombre possible de personnes soient propriétaires de leur propre maison. C'est dans l'intérêt de notre pays. Après tout, si vous êtes propriétaire de votre maison, vous possédez un enjeu vital dans l'avenir de votre pays  » 1

Inconnu de la plupart des Américains, le boom de l'immobilier était dû à l'origine à la forte croissance de la disponibilité d'argent. Les banques et les courtiers en prêts hypothécaires ne savaient pas quoi inventer pour prêter aux nouveaux acheteurs. Des produits innovants permettaient à ceux qui n'avaient pas accès traditionnellement aux prêts d'emprunter. George Bush ne tarissait pas d'éloges pour les banquiers et les nouveaux produits qu'ils proposaient.

Au cours des audiences de Puyo en 1907 lors de l'effondrement du marché financier, JP Morgan décrivait les qualités requises chez un emprunteur : un homme auquel je ne fais pas confiance ne pourrait pas obtenir d'argent de ma part sur toutes les obligations de Christendom.2 Au début des années 2000, les banquiers n'étudiaient plus en détail ce qui caractérisait les emprunteurs potentiels. Vous remplissiez un formulaire, en général sur internet. Vous décriviez votre situation financière. La valeur d'une maison était évaluée en utilisant des modèles informatiques reposant sur des propriétés comparables. Tout comme les fusillades en voiture, il y avait les inventaires réalisés depuis la voiture : l'expert longeait en voiture la propriété. Si la valeur de la propriété était insuffisante pour justifier le prêt, l'expert ajoutait alors la marge requise pour la valeur du trottoir.

En 2006, les prêts étaient accessibles à tous. Les emprunteurs devinrent connus sous le nom de NINJAS (sans revenu ni emploi ou avoirs). Les prix de l'immobilier commencèrent à chuter. Les emprunteurs cessèrent d'effectuer les paiements sur ces prêts hypothécaires.

Qu'est-ce que c'est que cette affaire de subprime ? The American Dialect Society (l'équivalent de notre Académie française) adopta le mot en 2007. Le terme décrivait les hypothèques étonnamment bon marché qui étaient vendues à des personnes malchanceuses. Elles étaient synonymes de pratiques de ventes trompeuses et cyniques mises en place par les banques et les courtiers en prêts hypothécaires. Au final, des milliers de personnes perdirent leur maison.

L'explosion du prêt hypothécaire à taux variable était la description familière d'un prêt hypothécaire à taux variable. Le taux d'intérêt augmente si vite que les emprunteurs, qui pouvaient se permettre les mensualités d'origine, sont incapables de suivre les augmentations (cela pouvait atteindre parfois une augmentation de 40-80%). Le courrier jingle fait référence au courrier reçu par les banques qui émane des emprunteurs qui ne peuvent plus faire face aux remboursements des hypothèques. Ils abandonnent leur maison et envoient les clefs au prêteur. Les prêts des menteurs (connus sous le nom de prêts sans documents ou avec peu de documents et de prêts à revenu déclaré) décrivent des prêts où les acheteurs potentiels n'ont pas besoin de fournir des éléments pour confirmer leur situation financière, ils doivent simplement déclarer leur revenu et leurs actifs. Les prêts suppliaient pratiquement les emprunteurs de mentir à propos de leurs revenus. L'année 2007 introduisit un site internet pour suivre la chute du prix des maisons, les défauts sur les prêts hypothécaires et enfin la débâcle financière de l'immobilier. Le Docteur Flick (ce titre est honorifique) était dans la finance internationale, à la tête d'une banque allemande de taille moyenne détenue par l'État. La croissance limitée dans le pays avait encouragé une expansion agressive à l'étranger. Une poignée d'Américains irresponsables refusaient de payer leurs prêts hypothécaires et venaient menacer l'empire du docteur Flick. « Terminé, cela doit être bientôt la fin  ». Par inadvertance, l'Allemand avait formulé presque à l'identique les mots qui servaient d'introduction au drame existentiel, sombre et sans espoir de Samuel Beckett : Endgame. C'était terminé mais pas tout à fait comme le Docteur Flick l'avait imaginé. En quelques mois, le mélange de ses instruments bancaires va s'effondrer et accuser des pertes de plusieurs milliards de dollars. Dans un monde de flux monétaires mondiaux, ce qui s'était passé en Amérique n'allait pas en rester là.

$$$ Le meilleur « Mauvaises nouvelles ?  » Mailer rompt le long silence en m'observant par-dessus son verre de Martini. « Très mauvaises, oui  ». « Pour longtemps ?  »  « Des années, de nombreuses années  ». Nous sommes à l'automne 2007. Je suis à Londres pour communiquer à la banque de Mailer les conditions sur les marchés du crédit. Mailer réfléchit à propos de mes pronostics sombres, vide son verre et essaie d'en demander un autre. Le barman a du mal à comprendre l'accent de Boston de Mailer, avec ses voyelles roulées et ses consonnes qui viennent du larynx. Lorsque j'avais rencontré Mailer pour la première fois, il s'était lui-même présenté comme étant : Stevenson Mailer, Directeur Général, avec un revenu fixe et diplômé de l'École de Commerce de Chicago. A cette époque-là, Mailer travaillait dans une société de chaussures blanches à Wall Street. Habitué à décrire les banques d'investissement avec pedigree, « chaussures blanches  » fait référence aux chaussures lacées en daim ou en peau de daim qui étaient autrefois populaires dans la classe aristocratique, chez les banquiers formés au Ivy League College. Perdant dans les guerres intestines qui se déclarent périodiquement dans les banques d'investissement, Mailer partit pour Londres pour diriger les opérations de trading de la Euro Swiss Bank (ESB), une grande banque européenne. Il était récemment retourné vers son ancien employeur à Wall Street pour prendre la direction de la négociation des obligations mondiales. Âgé d'une quarantaine d'années, athlète reconnu pendant ses études pour gagner peu à peu de l'embonpoint, brillant intellectuellement, libéral, Mailer est le modèle de la nouvelle classe financière qui gouverne le monde.

Un petit groupe d'hommes provoque de l'agitation et vient interrompre nos rêveries. Ils portent des tee-shirts sous leurs vestes – un style qui est devenu célèbre par la série télévisée Deux flics à Miami avec Don Johnson. Un rouleau de billets de banque amadoue le videur, inquiet à propos du code vestimentaire de l'établissement. Des tee-shirts de créateur, semble-t-il, ne sont pas des tee-shirts au sens strict du terme. Mailer et moi connaissons deux des hommes – Joachim Margin et Ralph Smitz, directeurs de fonds d'investissement qui gèrent JR Capital. Tout le monde suppose que JR sont les initiales des noms des fondateurs. En réalité, ces deux lettres signifient Jolly Roger. Le logo du fonds est une tête de mort stylisée avec des os croisés qui servaient autrefois à identifier les pirates sur un navire. Tout comme l'original, le fond du logo est rouge sang, la tête de mort et les os sont noirs.

Le lendemain, JR sera récompensé comme étant le fonds d'investissement de l'année et le directeur de fonds d'investissement de l'année au gala du Global Finance Forum. La banque de Mailer obtient également un prix, celui de l'établissement des revenus fixes de l'année. Il a bien entendu acheté cette récompense.

L'idée qui se cache derrière ces prix, c'est que les clients et les pairs désignent le meilleur. Un négociant qui a voté pour le meilleur “produit dans tel type de gamme à tel endroit” s'en sert pour solliciter les clients. Le vote est supposé être anonyme et indépendant. Comme la démocratie, le processus est obscur. Mailer “avait entendu” que sa banque serait récompensée comme étant l'établissement de l'année pour les revenus fixes. Si cela était exact, expliqua-t-il au magazine qui organisait les prix, alors il sponsoriserait l'événement (pour 100 000 dollars) et achèterait une pleine page de publicité pour 40 000 dollars. Par une étrange coïncidence, la banque de Mailer reçut la récompense.

Les tee-shirts noirs sont décorés d'un motif audacieux en petits diamants : 10/40. 10 représente les 10 milliards de dollars que JR gère et le chiffre 40 représente les 40 % de retour que JR a gagné pour ses investisseurs l'année précédente. Les deux dirigeants principaux ont empoché chacun 250 millions de dollars pour les efforts accomplis. Margin et Smitz ont autrefois travaillé pour Mailer à la ESB. “Ce sont de vrais punks !”, les insultes de Mailer datent d'une époque différente.

$$$ L'impossibilité physique de la mort dans l'esprit de celui qui est vivant JR a mandaté un célèbre architecte pour concevoir les nouveaux bureaux du fonds d'investissement. « Ils vont mettre des requins dans des réservoirs  ». La piscine des prédateurs devint objet d'art. Damien Hirst – le plus connu parmi un groupe d'artistes surnommé YBA (young British Artists) – est l'artiste de choix pour dévorer ostensiblement les dirigeants du fonds d'investissement. L'impossibilité physique de la mort dans l'esprit d'un être vivant, le travail le plus symbolique de Hirst, est un requin-tigre de 4,3 mètres, immergé dans une vitrine de formaldéhyde, dont le poids dépasse les 2 tonnes. Le requin a été attrapé par un pêcheur en Australie qui a reçu 6 000 livres, soit 4 000 livres pour l'attraper et 2 000 livres pour l'emballer dans de la glace et l'envoyer à Londres. Charles Saatchi (le gourou de la publicité) acheta l'œuvre pour 50 000 livres. Au fil du temps, le requin se décomposa. Sa peau devint très ridée et prit une couleur vert pâle. Un de ses ailerons tomba. La solution de formaldéhyde dans le bassin devint toute noire. L'effet menaçant d'un requin tigre nageant à la rencontre du spectateur avait disparu. Les conservateurs tentèrent d'ajouter de la javel au formaldéhyde. Cela ne fit qu'accélérer la pourriture du cadavre. Finalement, la peau fut enlevée et étendue sur un moule en fibre de verre pondéré.

En décembre 2004, Saatchi vendit l'œuvre à Steve Cohen, fondateur et dirigeant principal du fonds d'investissement SAC Capital Advisers, qui gère 20 milliards de dollars. Cohen déboursa 12 millions de dollars pour L'impossibilité physique de la mort dans l'esprit d'un être vivant, même si certains affirment qu'il n'en versa que 8 millions.

A un moment donné, Saatchi avait envisagé de donner sa collection à un nouveau musée britannique. Ken Livingstone, le dernier maire de Londres, était persuadé qu'un aquarium construit pour le même prix attirerait davantage de touristes. L'auteur Rita Hatton souligna que L'impossibilité physique de la mort dans l'esprit d'un être vivant était à la fois un aquarium et une attraction touristique.3 Le bruit courut que JR avait mandaté Hirst pour qu'il crée une installation pour ses nouveaux bureaux et utilise un requin pointeur blanc, un gros prédateur redouté.

$$$ Le repli La tension entre Mailer et JR date de l'époque où Mailer était à la tête des revenus fixes chez ESB. Chaque année, la banque organise sa GSS (Global Strategy Session) à Versailles. Les sceptiques la surnommaient en secret le discours du Dieu Roi-Soleil. Eduard Keller, le jeune directeur général de ESB, raffiné et vêtu de façon un peu voyante, était le Roi-Soleil. Keller, ancien consultant en management, connaissait peu de choses sur le monde de la banque. Il parlait d'écarts de compétitivité (ESB restait derrière d'autres banques) pour lesquels Mailer avait été embauché afin d'établir un rapprochement. Il y avait des vides, une référence aux affaires dans lesquelles ESB n'apparaissait pas. ESB devait exploiter, semer et récolter. À l'occasion, il devait aussi sélectionner. Sous le règne du Roi-Soleil, les gens se rencontraient dans leurs équipes, leurs formations, leurs courants. Les idées devaient être socialisées lors de réunions qui n'en finissaient plus ou lors de comités. ESB s'était développée en taille et en rentabilité à l'époque où Keller était le PDG. Personne ne savait en fait pourquoi ou bien si cela résultait de son travail à la tête d'ESB. Mais personne ne s'en souciait.

Le philosophe Alasdair MacIntyre déclarait : « L'une des raisons essentielles pour laquelle les présidents de grandes sociétés ne contrôlent pas, comme le croient certains critiques radicaux, les États-Unis, c'est qu'ils ne parviennent même pas à contrôler leurs propres entreprises  »4. Tolstoï avait écrit à propos de la bataille de Borodino d'une manière similaire : « Ce n'était pas Napoléon qui dirigeait le cours de la bataille car aucun de ses ordres n'était exécuté, il ignorait ce qui se passait  ». Le règne de Keller à la ESB fut napoléonien. À la session de stratégie globale de 2005, la séance de “L'état du monde” propulsa en avant un journaliste avec un best-seller sur la mondialisation. Son discours est émaillé de « Lorsque je dînais/déjeunais/prenais le thé/buvais un verre de jus de tamarin avec untel ou unetelle  ». D'après lui, « la pensée globale  » va annoncer un nouvel âge de prospérité sans fin et de richesse pour tous les habitants de la planète bleue, mené par l'économie de marché libre, la démocratie et le commerce mondial. « L'état des marchés  » se révéla être un économiste lauréat du prix Nobel qui déclare « des perspectives saines  », un « risque atténué  » et une volatilité modérée  ». Les économies des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) vont faire fonctionner le monde avec une demande sans fin de produits, les taux d'intérêt demeureront bas et les marchés financiers iront toujours vers le haut. « L'état d'esprit  » est celui de Swami Muktananda, qui arpente l'estrade en robe safran, chaussé d'élégants mocassins Gucci. Il exhorte le public à utiliser l'énergie spirituelle du cosmos et il essaie de faire léviter tout le monde.

$$$ Les investigations de la Suisse À l'issue du déjeuner, je m'isole avec Mailer pour commencer à discuter sérieusement à propos de la mise en place d'un fonds d'investissement. Historiquement parlant, les banques récupéraient des dépôts qui venaient des épargnants pour les prêter ensuite aux entreprises et aux individus pour leur permettre d'acheter une propriété, une usine, des machines, une maison, une voiture, etc. Les banques d'investissement fournissaient des conseils aux entreprises et organisaient des émissions d'actions et d'obligations pour financer leurs affaires. À la fin du XXe siècle, la banque universelle (ou supermarché financier) fit son apparition. Comme le laisse entendre la nomenclature, ces banques faisaient tout. Par le passé, ces banques agissaient comme des intermédiaires entre les emprunteurs ou les prêteurs en prenant un minimum de risques. Afin d'augmenter leurs bénéfices, les banques prennent maintenant des risques avec l'argent de leurs actionnaires et de leurs déposants. Le Roi-Soleil transformait l'ESB en une puissance bancaire universelle. Un rapport de stratégie élaboré par des consultants concluait par ces mots: “Le profil de risque de l'ESB était conservateur par rapport à ses pairs qui proposaient des opportunités afin d'améliorer le rendement des actionnaires en augmentant de façon significative ses activités commerciales”. Ils devraient “augmenter le risque”. Afin de combler le fossé, ESB devrait investir dans les fonds d'investissement, des entités en roue libre qui faisaient du commerce avec tout ce qui bougeait.

Margin et Smitz proposent de créer un fonds d'investissement. Pour commencer, ESB investira 500 millions de dollars et prêtera jusqu'à 6 milliards de dollars sécurisés sur ses investissements. Dès lors que le fonds présente un bon résultat, les propres clients fortunés de la banque ainsi que ses clients institutionnels pourront investir dans le fonds. La société de Margin et Smitz, le directeur du fonds, sera payé sur la base de 2/20: 2% des actifs gérés et 20% de n'importe quel revenu de placement. En retour, ESB percevra 20% des parts du fonds d'investissement de Margin et Smitz.

$$$ Idée à propos d'un investissement Lors de la réunion, Margin et Smitz sont rejoints par Stone (le responsable financier), Benoit (le responsable des opérations) et par Woori (le gestionnaire des risques). Parmi les responsables, je suis le seul Indien. Margin et Smitz commencent par la présentation obligatoire en PowerPoint. “J'ai fait quelques analyses...” : Mailer est enclin à utiliser le pronom personnel je là où le pronom personnel pluriel serait plus approprié. En réalité, j'ai (et non Mailer) analysé la stratégie d'investissement proposée, le scénario par lequel un trader ou un gestionnaire de fonds tente de gagner de l'argent.

Les non-professionnels sont étonnés de voir à quel point toutes les stratégies d'investissement sont tout ce qu'il y a d'ordinaire une fois qu'elles sont débarrassées du vernis marketing que l'on utilise pour les vendre. Le terme de stratégie longue et courte s'applique lorsque l'investisseur achète quelque chose qu'il s'attend à voir augmenter et vend à court terme quelque chose qu'il s'attend à voir baisser. C'est ce que l'on appelle le marché neutre ou la valeur relative. Le long-cour se différencie du long uniquement lorsque l'investisseur peut acheter des produits qu'il suppose voir augmenter. La vente à découvert implique de vendre quelque chose que vous ne possédez pas mais que vous espérez racheter à un prix inférieur lorsque le prix va baisser. Vous pouvez vendre des billets pour un concert donné par le dernier groupe à la mode pour 200 livres pour une remise une semaine plus tard. Vous n'avez pas les billets mais vous pensez que le prix du billet va baisser avant que vous ne deviez le remettre. Si c'est le cas, vous achetez disons le billet pour 160 livres avant la fin de la semaine et vous le remettez à la personne qui l'a acheté pour 200 livres. Vous réalisez alors un bénéfice de 40 livres. L'opération spéculative sur écart de rendement suppose d'emprunter dans une monnaie qui a des taux d'intérêt bas. Le yen japonais est l'éternel favori puisque les taux d'intérêt ont été proches d'un 0,00 % anorexique pendant de nombreuses années. Vous prenez l'argent et vous l'investissez dans quelque chose qui rapporte plus que le taux d'intérêt que vous payez et vous empochez la différence.

Vous pouvez perdre, c'est le risque. Le produit que vous pensiez voir grimper baisse au contraire et celui que vous pensiez voir baisser augmente. Les taux d'intérêt du yen augmentent et le yen augmente en valeur par rapport à n'importe quelle monnaie dans laquelle vous avez investi.

Votre intuition et l'histoire vous confirment qu'en général, la stratégie de l'investissement fonctionne. Les détails sont mis au point et testés. Vous calculez quelle action va monter ou descendre. Cela peut reposer sur une analyse ennuyeuse que vous avez effectuée sur des états financiers obsolètes ou frauduleux et vous en parlez à la direction qui vous ment, si tant est qu'elle vous parle. Vous pouvez aussi utiliser des filtres techniques ou quantitatifs pour identifier les titres. Vous achetez la baisse, cela correspond aux achats de titres qui ont baissé d'un certain montant. Votre spécialiste, un analyste doté de plusieurs qualifications qui est surqualifié pour la tâche à accomplir, teste la stratégie en utilisant les données historiques.

L'opération étoffe les détails de l'idée d'investissement. Dans le long-cour, vous saurez ce que vous devriez acheter et ce que vous devriez vendre. Dans l'opération spéculative sur écart de rendement, vous saurez quelle devise emprunter et dans quelle devise investir. Est-ce que vous achetez et vendez un titre dans le même secteur, la même zone géographique ou la même monnaie ? Dans l'opération spéculative sur écart de rendement, comment définissez-vous les taux élevés et les taux bas et quels types d'investissements et d'emprunts effectuez-vous et sur quelle durée ? L'opération vous donne une idée des risques. À quelle fréquence la stratégie fonctionnera-t-elle ? Quel genre de profits engendre-t-elle ? Sur quel rythme va-t-elle générer des pertes et quels en seront les montants ?

Les réponses de Margin et de Smitz restent vagues, elles rappellent la stratégie d'investissement apparue dans un prospectus pendant la bulle des mers du Sud : une société qui soutient une garantie qui offre un énorme avantage mais personne ne sait ce dont il s'agit. $$$ L'embuscade « J'ai analysé en détail un certain nombre de vos transactions passées  ». Margin et Smitz me regardent avec surprise. Le Dr Woori, le physicien nucléaire coréen chargé du risque m'a fourni les détails des transactions de Margin et Smitz, ignorant les raisons de mon intérêt. « Voyons maintenant ce qui concerne l'or ...  ». Au niveau de l'or, ils ont acquis des parts dans MG, une petite compagnie minière canadienne, et ont vendu de l'or à découvert contre la position. Le prix de l'action de MG était sous-évaluée, elle ne reflétait pas la valeur de l'or dans le sous-sol qui pouvait être extrait et vendu. La stratégie de l'investissement bénéficie du fait que les actions de MG ne sont pas correctement évaluées par rapport au contenu en or. Cela semble parfait, en tous les cas sur les tableaux Excel.

La position à court terme sur l'or protégeait n'importe quel investisseur d'une chute soudaine et inexpliquée du prix de l'or. Si le prix de l'or baissait, les actions suivaient le même chemin et les réserves d'or de MG valaient moins également. La baisse des prix générait des bénéfices sur la position à court terme de l'or puisque vous pouviez acheter de l'or à un prix plus bas, le livrer à l'acheteur à un prix plus élevé convenu et en tirer un bénéfice. La perte sur les actions était compensée par le bénéfice sur la position à court-terme de l'or. La situation est protégée, sans risque, en tous les cas en théorie.

« Mon analyse démontre que tout cela était très risqué  ». Mailer est tout sourire devant mon agression incessante, il aime l'attaque. La stratégie d'investissement repose sur la relation entre les actions MG et le prix de l'or. Qu'allait-il se passer si GM avait déjà verrouillé le prix de l'or en acceptant le prix pour des ventes futures avec des acheteurs ? Qu'allait-il se passer si les réserves d'or de MG n'étaient pas aussi énormes que ce que l'on supposait ? Qu'allait-il se passer si MG ne pouvait pas lever de fonds pour développer les mines ? Que se passerait-il si ESB ne pouvait pas emprunter l'or pour les ventes à court terme ? J'accumule les « si  ». Le Dr Woori soulignait les mêmes risques à la direction d'ESB dans un mémo que j'ai copié généreusement. « Ce n'est que du charabia théorique  », lance Margin. « L'or est là. Ce sont des évaluations de réserve tout à fait indépendantes. Aucune vente d'or à terme ! Il s'agit de gestion. Vous êtes un imbécile  ». Lorsqu'il est inquiet, Margin parle sur un rythme étrange, rapide, à peine compréhensible. Je continue. « Même si vous avez raison, comment ESB sort de là ? Que se passe-t-il si le prix de l'action de MG ne s'aligne jamais sur le prix de l'or ? Que faites-vous ? Vous achetez l'entreprise et vous exploitez l'or pour le vendre à découvert ? Vous avez besoin de l'autorisation du gouvernement pour acheter la mine. Votre régulateur ne vous permet pas de posséder 100 % de quelque entreprise que ce soit. Je porte le coup fatal : de toute façon, la profession a perdu de l'argent, beaucoup d'argent  ». « En clair, nous avons coulé  ». Le Roi-Soleil a des problèmes avec l'ordre des noms et des verbes en anglais. « Nous nous perdons dans les détails  », corrige énergiquement le Dr Woori avec une diction parfaite et dans un anglais pur d'Oxford. « La récompense ne va pas sans risque  », continue Keller. J'ajoute : les résultats sont insuffisants pour compenser le risque. Comme Cassandre, je sais que personne ne croira jamais mes prédictions. L'opinion de Keller est faite. ESB doit augmenter la prise de risque afin d'accroître le « rendement pour l'actionnaire  » afin de combler le « fossé  ». Tout ce que je vois dans la stratégie, ce sont des lacunes. La réunion se termine. Tôt le lendemain matin, alors que j'attends un taxi pour me rendre à l'aéroport à une heure inhabituelle par rapport aux habitudes de travail des chauffeurs de taxi français, je tombe sur le Roi-Soleil. Il a l'habitude de se lever à 4 h 30 du matin, il commence sa journée en se livrant à des exercices cardiovasculaires et en pratiquant une séance de pilate. Il suit une alimentation sévère qui commence par un petit déjeuner de fruits crus. Auparavant, les banquiers étaient mieux alimentés. Faire de l'exercice était considéré comme excentrique. Je me demande si Keller sait qu'en 1943, au moment de la conférence des Alliés à Casablanca, Harry Hopkins, l'un des conseillers de Franklin D. Roosevelt, avait trouvé Winston Churchill au lit, vêtu seulement d'un peignoir de bain rose, en train de boire une bouteille de vin rouge pour son petit déjeuner. « L'exercice est excellent pour le cerveau  », affirme Keller. « Votre intervention hier, très intéressante. J'ai demandé au Dr Woori de regarder de près vos idées sur le risque  ». Puis il tourne les talons. En route pour l'aéroport à bord d'un taxi Peugeot bruyant, conduit par un Nord-Africain mécontent issu des banlieues, nous passons près du château de Versailles, resplendissant dans la lumière matinale. Quelques années plus tard, Ken Griffin, le fondateur de l'énorme fonds d'investissement Citadel, louera Versailles pour organiser son mariage.

$$$ Des présentations énormes Quatre mille participants se pressent à la conférence de la finance mondiale en 2007 qui se tient cette année-là à Londres. Le discours d'ouverture est prononcé par le chancelier de l' Echiquier britannique. La signature intellectuelle du chancelier fait état de sa conviction naïve dans la primauté de la finance, de la banque et de l'argent en général. Il a donné un aspect accueillant à l'argent à Londres et il est encensé par la City pour cela.

Les économies modernes ont cessé de faire quoi que ce soit depuis longtemps. L'activité principale tourne autour de l'argent : l'investir, l'emprunter, l'échanger, le faire et le dépenser. L'argent produit des industries dérivées comme la spéculation immobilière, les concessionnaires de voitures de luxe, les coachs personnels et les sociétés que l'on paie pour des coachs de vie, les majordomes et les valets – tous essentiels à une vie moderne faite de consommation ostentatoire dans l'économie de service moderne.

L'allusion du chancelier à la supériorité de Londres sur New York comme étant le centre financier provoque une réaction négative parmi le grand contingent de financiers américains. Mailer s'indigne : « Si vous êtes assez bon pour le faire à New York, vous pouvez le faire n'importe où ailleurs  ».

Les initiés du gouvernement et les universitaires accordent l'apport de la finance à la société au sens large. Les banquiers parlent d'innovation et d'âge d'or de la finance, de l'argent qui peut se gagner, de l'argent qu'ils gagnent. Les régulateurs parlent de régulations adaptées au marché. Le président d'une banque remarque : « Les régulateurs sont enfin sous contrôle !  » La musique minimaliste se fait répétitive et morne.

Le conférencier invité au moment du déjeuner – une star du rock connue pour ses œuvres de charité – arrive alors que retentit la musique de son grand succès qui date de trente ans. L'auditoire, qui portait encore des couches lorsqu'il connaissait le succès, semble désorienté car il ne reconnaît pas l'air. Obéissant à une totale spontanéité, l'invité célèbre ses propres « réalisations humanitaires  » et conclut : « Je veux vous dire ceci, le changement radical pour le siècle prochain doit résider dans un ordre nouveau sinon, ce sera la confusion à l'échelle mondiale  ».

$$$ Le passage à gué des cours d'eau Les deuxième et troisième journées de la conférence sur la finance mondiale sont consacrées à l'étude et au développement, le « talent d'apprentissage  ». Je supposais que le talent était inné et que la compétence s'apprenait, mais à l'évidence j'avais tout faux. Alors qu'autrefois un diplôme de commerce de base ou (pour ceux qui avaient davantage d'ambition) un MBA (Master en gestion des affaires) suffisait, aujourd'hui la qualification de choix est le master en finances, celui de finance appliquée, de finances, de science de la finance, d'analyste certifié en finances, ou encore le certificat de finance quantitative. Il devrait peut-être y avoir aussi cette nouvelle qualification qui s'appellerait master pour apprendre à générer de l'argent.

Ce méli-mélo alimente une industrie et propose la formation nécessaire afin de se maintenir à jour pour ne pas risquer de perdre en qualification. Les réponses sont multiples pour le public varié, qu'il s'agisse de fascistes, d'anarchistes, de néo-conservateurs, de socialistes pro-Fabian, de marxistes-léninistes, de conservateurs, de keynésiens, de Roundheads, de cavaliers et de militants végétaliens. Pendant la conférence, des sessions sont proposées sur la finance structurée, les produits structurés, le financement structuré du commerce, les marchandises structurées, en réalité tout ce qui implique le mot structuré. Il existe de multiples courants sur les marchandises. Il y a des zones entières qui sont consacrées au capital privé, aux fonds d'investissement et aux marchés émergents (surtout les économies des Bric soit le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine). Une session technique s'intitule : Combiner les méthodes de diffusion de gamma et des vecteurs propres à l'intérieur et à l'extérieur des cadres du modèle Black-Scholes-Merton pour obtenir une modélisation qui retourne les prix de l'énergie dans le contexte d'un marché émergent – ,une vue d'ensemble qui n'a rien de technique.

$$$ Liquidité et effet de levier Mailer m'invite à le rejoindre à la soirée qui suit la conférence. Elle est organisée par sa banque à la Tate Modern sur la rive sud de la Tamise, en face de la cathédrale St Paul. L'immeuble de cinq étages qui abritait une salle de 3 400 mètres carrés où étaient installées autrefois les grosses turbines des générateurs électriques de l'ancienne centrale électrique de la banque avait été transformé en espace culturel. Il y a un bar à champagne, un espace de dégustation de whisky vintage et un emplacement réservé à l'exposition de somptueux bijoux Tiffany pour célébrer l'événement. Le thème de la soirée est les années vingt, tout y est depuis la musique de jazz, les serveuses habillées en garçonnes et le décor style art-déco jusqu'au modèle reproduit de l'Empire State Building moins Fay Wray et King Kong. Les invités vont et viennent, discutent entre eux tout en dégustant leur verre de champagne. La musique de Leverage, un jazz band amateur de banquiers assure l'ambiance. La réception d'un concurrent français accueille un groupe de rock qui s'appelle La Liquidité. Le personnel de la Tate propose des visites guidées privées des œuvres d'art qui remontent jusqu'à 1900. Le point fort de la collection se trouve être un énorme tableau de Joseph Beuys – une collection de traîneaux, chacun avec sa couverture, sa lampe et ses graisses comestibles, dépassant à l'arrière d'un bus Volkswagen. Non loin de là, on voit un énorme piano couvert de feutre. Les images obsédantes et les totems offrent un étrange accompagnement à l'époque du capital. (SUITE DANS LE LIVRE)

Table des Matières

Avant-propos pour les lecteurs de la version française..........................5

Prologue..................................................................................................7

Partie I : La foi


~ 1 ~ Un reflet des époques passées.................................................31

~ 2 ~ L'argent change tout................................................................51

~ 3 ~ L'affaire de l'affaire.......................................................................67

~ 4 ~ Argent à vendre............................................................................84

~ 5 ~ Un chemin de « briques jaunes  ».....................................99

~ 6 ~ L'argent chéri..............................................................................112

Partie II : Fondamentalisme

~ 7 ~ Les boys de Chicago...................................................................127

~ 8 ~ Faux dieux, prophéties de faux...................................................145

Partie III : Alchimie

~ 9 ~ Apprendre à aimer la dette.........................................................167

~ 10 ~ Vices cachés..............................................................................192

~ 11 ~ Jouer aux dés avec la dette.......................................................211

~ 12 ~ La machine à dette apocalyptique............................................235

~ 13 ~ Les supermarchés du risque......................................................257

~ 14 ~ La course aux armements financiers.........................................277

~ 15 ~ Le Woodstock des fonds spéculatifs.........................................292

~ 16 ~ Les machines de Minsky...........................................................309

Partie VI : Oligarchie

~ 17 ~ Jeux de guerre..........................................................................323

~ 18 ~ Bonneteau................................................................................341

~ 19 ~ Le culte du risque.....................................................................359

~ 20 ~ Les Maîtres de l'Univers...........................................................374

~ 21 ~ Nihilisme financier...................................................................391

Partie V : Krachs

~ 22 ~ Gravité financière.....................................................................411

~ 23 ~ Inhabituellement incertain.......................................................424

Épilogue.................................................................................................447

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