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LE LIVRE MYSTERIEUX DE L'AU DELA, DE JOHANNES GREBER

Johannes Greber



Le Livre

Mystérieux

de l'Au-Delà



La communication avec le monde spirituel.

Ses lois et ses buts.

Expériences personnelles d'un

prêtre catholique.




Traduit de l'Allemand par Francis Pacherie





I N T E M P O R E L



Le jardin des Livres

Paris


=====


Ce n'est pas le

Christianisme inventé

par les hommes des

Eglises, mais le

Christianisme du Christ

qui vous rendra libres.



Johannes GREBER.

( 1876 - 1944 ).



=====


Vous pouvez envoyer des chapitres de ce livre à vos amis et relations par e-mail via Internet :

www.lejardindeslivres.fr/livre-m.htm Format Html

www.lejardindeslivres.fr/PDF/livre-m.pdf Pdf

www.lejardindeslivres.fr/PDF/livre-m.doc Word

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Der Verkehr mit der Geisterwelt

© Johannes Greber. Droits Réservés


Le Livre Mystérieux de l'Au-delà

nouvelle traduction française © 2005 jardin des Livres


Passages bibliques : Bible de Jérusalem © Cerf, 1998

Textes en grec ancien :

Nouveau Testament interlinéaire grec-français

© Alliance Biblique Universelle, 1993.


Éditions Le jardin des Livres ®

243 bis, Boulevard Pereire

Paris 75827 Cedex 17


ISBN 2-914569-440 EAN 9782 914569 446









Toute reproduction, même partielle par quelque pro­cédé que ce soit, est in­terdite sans autorisation préalable. Une copie par Xérographie, photo­graphie, sup­port magnéti­que, électroni­que ou autre constitue une contrefa­çon passi­ble des pei­nes pré­vues par la loi du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1995, sur la protec­tion des droits d'auteur.


=====



PREFACE DE L'EDITEUR


(SNIP IMAGE)

La pilule rouge et la pilule bleue dans Matrix 1.



La réalité terrestre et celle de l'Au-delà, symbolisées dans Matrix par deux pilules. Le film aborde le thème christique du Sauveur, mais un Sauveur furieusement moderne, évoluant dans le jeu vidéo mondial construit par une sorte de Lucifer, une intelligence artificielle qui se sert des émotions et activités humaines comme source d'énergie.


Matrix. Photo © DVD Warner Brothers, réalisation : Wachowski Brothers, 1999.












« Tu prends la pilule bleue, l'histoire s'arrête là, tu te réveilles dans ton lit, et tu crois ce que tu veux.

Tu prends la pilule rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu'où va le terrier ».







« La matrice est partout, tout autour de nous, elle nous enveloppe, même dans cette pièce. Tu peux la voir quand tu regardes par la fenêtre ou quand tu allumes la télévision... C'est le monde qu'ils ont mis devant tes yeux pour t'empêcher de voir la vérité. Tu es un esclave, comme tout le monde, tu es né en captivité dans une prison de l'esprit que tu ne peux ni sentir, ni toucher, ni goûter ».

« Que veut dire réel ?


Comment tu définis la réalité ?


Si tu penses à ce que tu peux sentir, toucher, goûter et voir, alors le réel n'est rien de plus que des signaux électriques interprétés par ton cerveau.


C'est ça le monde que tu connais.


La Matrice ».



Lire ce livre revient aussi à choisir entre deux réalités, la première, imposée par les religions afin de mieux contrôler les populations, et la seconde, qui repose sur un monde intuitif permettant de communiquer avec le monde des esprits de Dieu.

Johannes Greber, comme Neo ( Keanu Reeves ), a choisi la pilule rouge. Il a ouvert une porte invisible qui pulvérise les idées reçues et replace cette communication dans le contexte sacré des textes bibliques en donnant des exemples factuels. La phrase « Tu prends la pilule rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu'où va le terrier » est une allusion à la célèbre nouvelle de Lewis Caroll1 qui n'est ni plus, ni moins que son expérience aux frontières de la mort, son passage de l'autre côté, par le tunnel.

Ne l'a-t-il pas appelée « L'expérience de l'autre côté du miroir » ?

C'est pourquoi il fait dire à Alice :
Qui se soucie de votre avis, vous autres ?
Vous n'êtes qu'un jeu de cartes !
 »


photo + dialoogues © Warner Brothers. Réalisation : Wachowski Brothers.


=====


« Le » livre hors normes




Le Livre Mystérieux de l'Au-Delà est à la spiritualité ce que le film Matrix est au cinéma : une bombe intellectuelle. Dans les deux cas, on retrouve un homme solitaire face à son destin, celui d'un élu qui doit informer ses semblables afin de leur ouvrir les yeux sur une autre réalité.

Ce livre ne décrit pas ce qui se passe après la mort comme l'Explorateur de l'Au-Delà, mais explique le mécanisme de l'interaction entre « leur » monde spirituel et notre monde matériel, un mécanisme complexe, délicat, oscillant toujours sur le fil du rasoir entre le bien et le mal.

Néanmoins, il existe une différence fondamentale entre ce livre et les autres : les esprits qui ont parlé à Greber n'ont pas hésité à mettre les points sur les i, cas rarissime dans ce type de littérature où le flou artistique et les phrases qui ne veulent rien dire dominent la scène. Même les phrases sublimes de Dialogues avec l'Ange ne pèsent pas très lourd à côté, simplement à cause des informations terriblement pratiques, factuelles et d'une effroyable logique. On apprend d'avantage dans ce livre que dans n'importe quel autre.

En clair, Le Livre Mystérieux de l'Au-delà est un ouvrage qui rend libre parce qu'il nous détache de la culpabilité imposée par les prêtres catholiques, rabbins et autres péages spirituels. Il y a encore cent ans, ces pages auraient été mises à l'Index et brûlées,si possible avec son auteur. C'est pour cela d'ailleurs que l'auteur a été particulièrement bien inspiré de s'installer aux Etats-Unis, quelques années seulement avant la Seconde Guerre mondiale.

Mais en 1932, et malgré son succès outre-atlantique, cet ouvrage était trop en avance sur son temps. En revanche, en 2005 il est furieusement moderne. On se surprend quand même à se demander « Pourquoi ce livre n'est-il pas disponible depuis toujours ? » et « Comment ai-je pu passer à côté d'un tel trésor ? ». D'autant que le contraste entre ce prêtre catho psychorigide, allemand de surcroît, et les séances de communication avec les « esprits » ne manque pas de surprendre. Ce brave prêtre, qui a absorbé pendant 25 ans toutes les misères de l'âme humaine dans son confessionnal, a fini par rendre les armes de saint-Pierre après avoir découvert une autre source de communication avec le Ciel.

Homme de Dieu, il a été trop heureux de retrouver ce lien sacré, une obligation professionnelle pour un prêtre, pourrait-on ajouter. Face à l'authenticité et surtout face à la réalité des messages explicatifs, Johannes Greber a été obligé de reconnaître bien malgré lui que la main du Très-haut l'avait choisi pour les immortaliser. Pourquoi lui ? Sans doute parce qu'en tant que strict prêtre catholique ( 7 ans de séminaire, latin, grec, araméen et une solide formation théologique ), il pouvait redéfinir la communication avec les esprits dans un contexte sacré parmi tous, le contexte biblique. Comme dans le film Matrix qui repose sur le sentiment de déjà-vu, simplement parce qu'il s'inspire des valeurs immortelles de l'Ancien Testament. Et dans ce livre, on a l'impression d'avoir toujours su ce qui est exposé dans ces pages. Un déjà-vu pour Matrix et un déjà-su pour Le Livre Mystérieux de l'Au-Delà.

Comment expliquer ce paradoxe ?

Simplement par le cycle de réincarnations qui nous oblige à oublier tout ce que nous savons à chaque plongeon dans un corps humain.

Ce livre nous rafraîchit soudain la mémoire. On se rappelle de tout ce que nous avons toujours su.

Et soudain, tout s'éclaire...


L'Auteur

Johannes Greber est né le 2 mai 1876 dans le petit village allemand de Wenigerath, près de Bernkastel en Rhénanie. Il fait ses études en théologie dans la ville de Trèves et il est ordonné prêtre en 1900. A l'âge de 24 ans, il est affecté à une paroisse dans le Hunsrück, une région rurale proche de la frontière luxembourgeoise. Ce n'est que vers sa cinquantaine, à 47 ans exactement, qu'il est invité à assister à une réunion de communication avec les esprits et qu'il découvre une dimension inconnue de la spiritualité, exactement comme Victor Hugo.

A partir de ce jour mémorable, Johannes Greber analyse méthodiquement ce phénomène sur une période allant de septembre 1923 à décembre 1925. Au bout de 27 mois, il acquièrt suffisamment de preuves de la réalité de cette autre dimension et décide de quitter l'Eglise catholique pour diriger simplement sa société de bienfaisance. Puis, en 1929, il émigre aux Etats Unis et s'installe à Teaneck dans le New Jersey, près de New York. Là, il organise des groupes de communication indépendants et rencontre une jeune femme qu'il épouse et qui lui donne deux enfants. Puis il rédige ce livre.


La première version allemande et la première version anglaise sont éditées aux Etats-Unis en 1932. Rapidement épuisées, le livre est par la suite continuellement réimprimé jusqu'à la fin des années 70 par la fondation Greber. Cette fondation qui n'existe plus aujourd'hui, édita une version française qui, en pleine folie des années hippie, n'a eu aucun écho.


La nouvelle traduction 2005

Cette nouvelle traduction française est un texte modernisé, complété entre 2002 et 2005 à partir des éditions originales allemande et anglaise de 1932 et surtout de la deuxième édition allemande de 1937, considérée par Greber comme son texte définitif. Le style littéraire très ampoulé, typique des années 1920, en fait indigeste, a été mis à jour et tous les chapitres qui contiennent l'enseignement du monde des esprits ont été conservés dans leur intégralité. En revanche, les passages en grec ainsi que toutes les notes de bas de page sont des ajouts au texte d'origine par le traducteur qui a pris le soin de donner toutes les références bibliques, absentes de la version originale. Dans un souci de cohésion, les passages bibliques sont extraits d'une même version, La Bible de Jérusalem.


Un observateur critique

Johannes Greber n'était pas un médium. Il précise d'ailleurs dans ce livre qu'il n'a jamais eu de capacités dans ce domaine ce qui lui permettait de rester un observateur critique et impartial et de ne jamais s'impliquer dans la pratique.

Il constate simplement que sans cette « ouverture » soudaine de son esprit, il serait resté prêtre jusqu'à la fin de sa vie, parce qu'il n'aurait jamais eu le courage d'abandonner sa situation confortable. Comme il écrivait cela en 1932, il ne pouvait imaginer un seul instant que la Seconde Guerre mondiale bouleverserait son Allemagne natale, qui, de toutes les manières, l'aurait envoyé au front soit en tant qu'aumônier, soit pour remplir les lignes de front exsangues de 1943. Grâce à cette expérience, il a échappé à la destruction de son pays et n'a pas partagé le sort de tous les Allemands de sa génération.


La fin de sa vie.

Son livre, aussi complet que révolutionnaire, apporte un éclairage nouveau sur le rôle déterminant joué par la communication avec les esprits dans les textes bibliques. Pour Johannes Greber, il est clair que cette communication représente l'accomplissement de la promesse du Christ. L'ancien prêtre a continué à dispenser l'enseignement contenu dans ce livre jusqu'à son dernier jour, le 31 mars 1944. Il est mort à l'âge de 70 ans.




=====








Toutes les notes de bas de page, y compris les références bibliques sont de Francis Pacherie ou du Jardin des Livres.


=====


~ 1 ~

Introduction



« Mais ces gens-là, ce qu'ils ne connaissent pas, ils l'insultent  instinctive et stupide des bêtes, cela ne sert qu'à les perdre » Jude 1:10




L'homme connaît-il une vie après sa mort ? Existe-t-il un au-delà, un monde spirituel qu'il rejoint lorsqu'il se sépare de son corps ? Et comment doit-on imaginer cette vie dans cet autre monde ? Quel sort nous y attend ?

Ou alors, tout finit peut-être au cimetière ? L'âme y trouve-t-elle sa sépulture, à côté du corps ? Et l'homme, avec ses espérances et ses craintes, ses peines et ses joies, ses bonnes et ses mauvaises actions ? Ne reste-t-il de lui rien d'autre qu'une poignée de cendres et quelques os ?

Ce sont là des interrogations qui nous touchent. Elles torturent le malade gravement atteint qui passe des heures interminables à méditer dans sa chambre. A chaque fois que nous nous retrouvons devant un mort, à chaque fois que nous suivons un cercueil, ces mêmes questions nous préoccupent. Chaque tombeau évoque ces interrogations, gravées sur chaque pierre.

Qui donc résoudra pour nous cette grande énigme de l'au-delà ? A qui nous adresser avec nos doutes pour connaître la vérité ? Faut-il interroger les religions et leurs prêtres ?

Il est vrai qu'ils enseignent la croyance en l'au-delà et la survie de l'esprit humain. Pourtant, ils affaiblissent grandement leur doctrine en niant la survie de l'esprit des animaux. Car si l'animal ne survit pas, pourquoi l'homme survivrait-il ? L'homme et la bête possèdent un destin semblable. L'un et l'autre sont engendrés et naissent de la même façon. L'un et l'autre éprouvent la joie, la douleur et la mort. C'est ce que la Bible confirme en ces termes :

« Car le sort de l'homme et le sort de la bête sont un sort identique : comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, et c'est un même souffle2 qu'ils ont tous les deux. La supériorité de l'homme sur la bête est nulle, car tout est vanité. Tout s'en va vers un même lieu : tout vient de la poussière, tout s'en retourne à la poussière. Qui sait si le souffle de l'homme monte vers le haut et si le souffle de la bête descend en bas, vers la terre ? 3».


A cela s'ajoute le fait que les diverses doctrines se contredisent à propos des questions les plus fondamentales de l'existence. Ces divergences proviennent avant tout des différences d'interprétation des textes anciens. Elles ne sont pas le fruit d'expériences méthodiques ou d'observations pratiques. Ne pas s'attendre donc à recevoir de ce côté-là une réponse vérifiable.


Un seul chemin peut mener à la connaissance. S'il existe un au-delà et un monde des esprits, la preuve ne peut nous être livrée que si les esprits eux-mêmes viennent jusqu'à nous pour nous instruire. Ils représentent les seuls témoins capables de nous parler de la survie. Tant qu'il ne s'établit pas une communication entre les esprits et nous, nous ne pouvons pas sortir de l'incertitude.


Mais aujourd'hui encore, bien des gens tournent en dérision quiconque parle d'un dialogue avec l'au-delà. Comme ils l'ont fait de tout temps, les hommes se moquent de leurs semblables dès que ces derniers s'écartent de l'opinion commune. Les démarches expérimentales mettent pourtant en évidence les principes naturels qui établissent les liens directs entre la Terre et le Ciel. Et ses principes immuables appartiennent aux lois éternelles de l'univers et sont le fruit de la création divine.


Si, en tant que fidèle de Dieu, ou bien comme chercheur de la vérité, nous nous efforçons de communiquer avec les bons esprits, alors nous réalisons un progrès, en harmonie avec les lois du Créateur. C'est la raison pour laquelle tout au long de la Bible, les hommes cherchant la vérité ne sont jamais renvoyés à d'autres hommes, mais, bien au contraire, sont encouragés à s'adresser à Dieu et à ses esprits : sous la direction de Moïse, le peuple hébreu côtoie en permanence les anges de Yahvé. Au moment de quitter cette Terre, le Christ a encore beaucoup de choses à dire à ceux qui l'ont suivi. Et il prédit que des explications supplémentaires leur seront données ultérieurement, pas par un homme, mais par un esprit de vérité qui sera perceptible des sens humains :


« J'ai encore beaucoup à vous dire mais vous ne pourriez pas le supporter à présent. Quand il viendra, lui, l'esprit de vérité, il vous guidera dans toute la vérité. En effet, il ne vous parlera pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu'il entendra et il vous annoncera les choses à venir. Celui-là, il me glorifiera parce que c'est de moi qu'il recevra ce qu'il vous communiquera. Tout ce que possède le Père, m'appartient également, voilà pourquoi j'ai dit que ce qu'il prend auprès de moi, il vous le communiquera4 ».


Voici ce que nous apprend l'Ancien Testament et l'Evangile. C'est aussi l'enseignement des apôtres. Cette pratique, suivie à la fois par les tribus d'Israël et par les premiers chrétiens fut cependant abandonnée.

Certains hommes décidèrent de se substituer à Dieu et à ses messagers. L'élaboration et la diffusion des préceptes religieux devint même un métier. On apprit la religion par l'enseignement humain comme n'importe quelle autre discipline de ce monde. Les guides spirituels du peuple devinrent des décideurs en matière de foi, ce qui leur permit d'accroître en même temps leur pouvoir temporel. L'ancienne liberté que Dieu accorda à chacun de ses enfants se transforma en servitude religieuse : durant des siècles, quiconque résistait et prétendait vivre selon ses convictions personnelles rencontrait les tourmenteurs et le bourreau. Le sang de millions d'hommes et de femmes a coulé au nom des dogmes théologiques inventés par quelques hommes.


Au fil du temps, les textes bibliques évoluèrent à cause des nombreuses traductions et adaptations. Tous les rédacteurs appartenant sans exception à des ordres religieux, il leur importait avant tout de donner aux textes bibliques une tournure qui favoriserait les institutions qu'ils représentaient. Alors, il se répéta ce que Dieu avait dit dans l'Ancien Testament par la bouche de Ses prophètes, une plainte et d'amers reproches :

« Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages et la loi de Dieu est chez nous ? Oui, voici que le style mensonger des scribes a produit le mensonge ! Les sages sont confondus, consternés et pris à leur propre piège. Voici qu'ils ont rejeté la parole du Seigneur, et quelle sagesse ont-ils encore ?5».


Les écrits antiques furent ainsi arrangés au profit des opinions religieuses en vogue à l'époque de leur copie. Tout cela se passait à l'insu du peuple, analphabète à 90%, qui devait accepter aveuglément et sans aucun contrôle les prétendues vérités et leurs commentaires rédigés par le clergé. Ainsi, la tradition religieuse devint un héritage obligatoire transmis à chacun, sans aucune possibilité de formuler un avis sur son contenu.


Cela ne se passait pas ainsi lorsque les hommes parlaient directement avec le monde des esprits de Dieu. Ils pouvaient s'adresser au Ciel et obtenir une réponse. C'est pourquoi Paul engageait les premiers chrétiens, en désaccord avec ses propos, à interroger Dieu : « Nous tous donc, les plus avancés, comportons-nous donc ainsi et si d'une quelque autre manière vous vous comportez différemment, là-dessus aussi Dieu vous éclairera6».

Mais une telle invitation à emprunter le chemin vers la connaissance devint interdite par la suite. Pire, parler avec les esprits conduisit immanquablement à l'excommunication, à d'atroces tortures et enfin au bûcher7. Le progrès moral des hommes a finalement mis un terme à ces abominables persécutions dictées par la haine et la soif de pouvoir.


Aujourd'hui, il est temps de se rappeler que des ponts peuvent être lancés vers le royaume de Dieu.


J'ai été prêtre catholique pendant 25 ans.


Je considérais ma religion comme étant la vraie, la juste. N'était-ce pas celle de mes parents, de nos maîtres, de nos chefs spirituels ? Je ne croyais pas avoir des raisons m'autorisant à rejeter ce que tout le monde acceptait comme une certitude. En outre, toute remise en cause d'un dogme de la foi représentait un péché mortel dans mon Eglise. J'ignorais tout de la possibilité d'entrer en communication avec l'au-delà. La communication avec les esprits ne m'était connu que par les journaux, que je considérais d'ailleurs comme une fraude et illusion. Et puis un jour, sans même le chercher, j'ai fait mon premier pas sur le chemin de la communication avec le monde des esprits de Dieu. J'expérimentais des choses qui me bouleversaient profondément. Et après avoir franchi cette première étape, je ne pouvais plus m'arrêter. Je devais y voir plus clair. J'avançais avec prudence, par tâtonnement. J'avais fait mienne cette parole de l'apôtre Paul : « Ne faites pas obstacle à l'esprit, ne méprisez pas les paroles prophétiques, mais examinez tout avec discernement, ne retenez que ce qui est bien et tenez-vous à l'écart de toute espèce de mal8».

Je ne m'intéressais qu'au bien et à la vérité. Je me sentais prêt à l'accepter, même au prix des plus lourds sacrifices. Je savais que Dieu n'abandonne jamais celui qui se met en quête de la vérité, de manière désintéressée et que selon la parole du Christ, il ne donne pas une pierre à la place du pain à celui qui demande humblement. Je ne me faisais aucune illusion sur les conséquences de mon choix. Je comprenais bien que si je continuais, cela provoquerait ma chute en tant que prêtre, la fin de mes revenus matériels et de mon avenir ecclésiastique. Je savais que seuls le mépris, les injures et la calomnie m'attendraient.

Mais j'attachais un prix encore plus grand à la vérité. Elle se trouvait sur le chemin que j'avais suivi, elle me libéra et me réjouit le coeur. Les épreuves qu'il me fallut traverser et qui durent encore maintenant, ne sauraient troubler la paix intérieure ainsi acquise.


Dans ce livre, je vais décrire les étapes qui me conduisirent vers le monde des bons esprits, chargés de nous instruire. J'écris ce livre par amour de mon prochain, quelle que soit sa religion ou sa philosophie, et il s'adresse à tous les chercheurs de la vérité. Il est destiné à servir de guide à ceux qui souhaitent entrer en communication avec le royaume de Dieu, dans le but de se rapprocher de Lui. Ce livre décrit le chemin vers le pont qui nous mène aux messagers de l'au-delà. Quiconque empruntera ce pont entre les mondes avec l'aide de ce livre, trouvera la confirmation de chaque élément expliqué ici. Voilà pourquoi je ne demande pas qu'on accepte d'emblée ce livre sans contrôle et sans examen. Celui qui agirait ainsi, reposerait ses plus grandes convictions sur les écrits d'un homme aussi faillible qu'un autre. Donc je ne demande pas à être cru aveuglément. Je souhaite simplement qu'on examine tout ce qui m'a été dit par les mêmes procédés. J'ai décrit cette voie avec tant de précisions et si rigoureusement, que nul ne saurait la manquer. Pour cela, aucune préparation ou formation n'est nécessaire. Une seule chose cependant ne doit pas faire défaut : la volonté de trouver la vérité. Celui qui la cherche devra se préparer à l'accepter dès qu'elle se présentera à lui de façon convaincante et d'y conformer sa vie. Le livre ne s'adresse qu'à ceux qui acceptent cette condition. Ceux qui manqueront de persévérance et qui refuseront d'examiner méthodiquement les faits exposés devraient s'abstenir de porter un jugement sur mon travail.

Je suis certain de l'exactitude de ce livre « car je sais en qui j'ai mis ma confiance9». Je sais que ceux qui suivront ma voie ne découvriront aucune contradiction avec mes écrits. Tous ceux qui ont écouté mes conseils jusqu'ici ont trouvé ce que j'ai découvert moi-même.

Malgré cela, mon livre se heurtera à l'acharnement de nombreux adversaires, dont des prêtres. En effet, le credo qu'ils enseignent à leurs fidèles garantit leur subsistance. S'ils entreprenaient eux aussi une étude expérimentale de l'au-delà, les faits les obligeraient à modifier leur opinion. Ils cesseraient alors d'être les représentants accrédités de leur confession et se verraient privés des ressources de leur fonction.


Les hommes n'acceptent pas volontiers le sacrifice de leur position sociale et de leur confort. La plupart évitent cette épreuve et préfèrent renoncer à la vérité. C'est la même raison qui a poussé les anciens prêtres juifs à s'acharner contre le Christ et sa doctrine. Ils craignaient pour leur prestige et leur réputation. Sans même chercher à examiner le discours de Jésus, ils persécutèrent jusqu'au meurtre celui qui menaçait de détruire l'influence qu'ils avaient sur le peuple.

La plupart des prêtres actuels ne se contenteront pas seulement de dénigrer mon livre, ils refuseront également de vérifier la justesse de son contenu et de ses méthodes. Pourtant, chacun peut s'engager sur cette voie sans scrupules et avec bonne conscience. Il est bénéfique de prier Dieu dans la confiance de la promesse de Jésus :

« Et moi je vous dis : demandez et il vous sera donné, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira. En effet, celui qui demande il le reçoit en totalité, celui qui cherche trouve et on ouvre à celui qui frappe. Quel père parmi vous si son fils lui demandera un poisson lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou encore s'il demandera un boeuf, lui donnera un scorpion au lieu du boeuf ? Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien davantage, le père du ciel donnera un esprit saint à ceux qui lui demandent10».


Existe-t-il quelqu'un prêt à s'engager dans cette voie avec une grande sincérité et honnêteté intellectuelle ? Je ne demande rien d'autre. J'ai moi-même procédé ainsi dans ce livre. Je n'ai rien reçu d'extraordinaire, mais simplement ce que tout homme obtient s'il cherche sincèrement. Si l'idée de parler avec le royaume de Dieu peut nous paraître incroyable, ce n'est pas une raison pour que nous refusions de nous adresser à Lui.

Car Dieu nous fait bien entrevoir et espérer l'incroyable par cette promesse: « Appelle-Moi et Je te répondrai, Je t'annoncerai des choses grandes et cachées dont tu ne sais rien11».


Johannes Greber



~ 2 ~

Expériences vécues




« Alors j'ai réfléchi pour comprendre quelle peine c'était à mes yeux !

Jusqu'au jour où j'entrai aux sanctuaires

divins, où je pénétrai leur destin ».


Psaume 73:16-17




~ Premier contact avec le monde spirituel

C'était à la fin de l'été de l'année 1923. J'étais alors curé catholique chargé d'une petite paroisse de campagne. En outre, j'étais à la tête d'une société de bienfaisance dont le siège se trouvait dans la ville voisine. Deux fois par semaine, je me rendais dans les locaux de cette association pour traiter les affaires courantes concernant mes travaux d'assistance. Un jour, un homme vint me trouver et me demanda ce que je pensais de la communication avec les esprits. Avant même d'attendre ma réponse, il me fit part de ses expériences personnelles. Il se réunissait une fois par semaine avec d'autres personnes, formant ainsi un petit cercle, pour célébrer une sorte de culte divin. Il me raconta qu'on y priait, qu'on y lisait la Bible et qu'on y commentait les textes lus.

Un jeune homme, âgé de 16 ou 17 ans, dit-il, fréquente le groupe. Issu d'une famille modeste, le garçon n'a pas fait d'études et travaille comme apprenti dans une société. Pendant les réunions, dit mon interlocuteur, il s'affaisse fréquemment, la tête en avant, comme mort, puis, immédiatement après, il est remis sur pied par saccades comme soutenu par une force invisible, après quoi il reste assis, les yeux clos, et transmet d'admirables connaissances aux personnes présentes.

Il répond également aux questions qu'on lui pose, sauf à celles qui ne concernent que les sujets matériels. Après avoir dispensé son enseignement, il s'écroule à nouveau et reprend connaissance aussitôt après. Toutefois, il ne se souvient ni de ce qui s'est passé, ni de ce qu'il a dit. Il s'agit d'un jeune homme en bonne santé. Il ne ressent ni gène, ni malaise, ni maux de tête, ni une quelconque indisposition après l'événement. Et mon interlocuteur termina son histoire par ces mots :

- J'étais curieux de savoir ce que vous pensez de tout cela. Mais avant de porter un jugement, soyez gentil d'assister personnellement à une séance afin de bien vous rendre compte de ce qui s'y passe. De plus, vous pourrez alors poser les questions que vous voudrez au jeune homme.


~ Mes hésitations.

Je l'avais écouté avec beaucoup d'attention. Que lui dire ? Je n'avais pas la moindre idée, ni connaissance de ce que l'on appelle les esprits, même si j'avais lu un article par-ci par-là dans les journaux. Il s'agissait surtout d'échos sur des médiums démasqués ou d'autres expériences spirites truquées, bref rien qui parlait en faveur de cette activité. Et voici maintenant qu'on me demandait de m'y intéresser.

En tant qu'homme sensé, et en tant que prêtre, j'allais devoir m'aventurer sur ce terrain et m'exposer au risque d'être ridiculisé. Mais je dois avouer que j'étais tenté d'examiner ces faits insolites avec des procédés scientifiques. Cependant, je souhaitais le faire seul, dans mon bureau. Je n'avais pas envie d'aller dans des familles et de m'exposer ainsi aux commérages et aux ragots.

J'ai franchement avoué à ce monsieur que je n'avais aucune expérience personnelle de ce genre, et que je me sentais incapable de porter un jugement sur ce qu'il m'avait raconté. De plus, j'hésitais à accepter son invitation. Je portais la soutane. Il était donc impossible pour moi de m'exposer ainsi en public. Ma participation serait très vite connue. Mais mon visiteur ne voulait rien entendre et refusait mes objections.

- Il s'agit d'une affaire très importante à propos de laquelle vous, en tant que prêtre et chargé d'une fonction publique, devriez être informé, me dit-il. A mon avis, vous devez examiner ce qui se passe pour vous faire une opinion grâce à une observation minutieuse, objective et impartiale. Il vous arrivera souvent dans votre vie d'être interrogé à ce sujet. A qui donc devons-nous nous adresser pour obtenir des éclaircissements, nous laïcs, si ce n'est à nos guides spirituels en qui nous avons confiance ? Il n'est plus possible taire ces choses. Le nombre des réunions augmente continuellement en Allemagne. Des séances se déroulent dans presque chaque ville d'une certaine importance. Je sais que les Eglises cherchent à discréditer le spiritisme en l'accusant de fraude ou comme oeuvre du démon. Mais ça n'aide pas à clarifier la situation. Si vous craignez des ennuis, soyez rassuré. Votre présence ne sera pas ébruitée. Les quelques participants garderont le silence et feront tout pour éviter que votre présence ne vous porte préjudice. Vous pouvez donc accepter sans problème.

Je ne pouvais pas nier que cet homme disait vrai. Il avait raison. Si nous, les membres du clergé qui ambitionnons d'être les guides spirituels du peuple, nous refusons d'examiner et d'étudier ces phénomènes, qui d'autre s'en chargerait ? Qui plus que nous, prêtres de toutes les confessions, pourraient et devraient s'y intéresser ? Si le spiritisme était réel et fondé, il entraînerait de sérieuses conséquences pour toutes les religions.


~ Je donne mon accord.

Après quelques hésitations, je donnai mon accord pour la séance du dimanche soir suivant. Néanmoins, pendant les jours qui suivirent, mon esprit fut préoccupé. Je regrettais presque d'avoir dit oui. Plus j'y réfléchissais, plus il me semblait que les ennuis qui pourraient en résulter seraient conséquents. Et en même temps, j'attendais le dimanche avec impatience.

Après les vêpres, j'allais à mon bureau de la Société de Bienfaisance où je devais encore traiter quelques affaires urgentes avant de me rendre à la séance prévue. Dans la poche de ma veste, j'avais glissé une feuille sur laquelle j'avais inscrit les questions que je voulais poser au jeune homme. Elles étaient si complexes que seules de longues explications pourraient y répondre : elles concernaient la doctrine théologique. Moi-même je me sentais incapable de les commenter. Je désirais simplement me rendre compte comment et avec quelles explications le jeune homme allait s'en tirer.


Arrivé à mon bureau, j'ai trouvé une lettre provenant du monsieur qui m'avait invité. Il m'informait que la séance ne se déroulerait pas chez lui comme convenu, mais au domicile d'une autre famille dont il m'indiquait l'adresse. Il s'agissait, disait la lettre, de dispositions prises ultérieurement. Ce changement inattendu me déconcerta et me rendit méfiant. De qui se moquait-on ? Cette famille m'était inconnue, même de nom. Allais-je donc me mettre dans l'embarras devant une famille étrangère ? N'était-ce pas un piège dans lequel on voulait me faire tomber ? Ma résolution de ne pas m'y rendre fut vite prise. Pour que l'on ne m'attende pas inutilement, j'envoyai par messager un mot de désistement. Mais peu de temps après, le monsieur vint en personne et me pria de l'accompagner. Ce n'était pas lui, me dit-il, qui avait changé les plans, mais quelqu'un de bon conseil. Il semblerait que l'autre appartement serait plus discret. Alors je le suivis.


~ La première réunion.

Il était 19h30. La famille m'accueillit avec amabilité et je remarquai que ma présence faisait plaisir. Comme la séance ne devait commencer que vers 20 heures, j'avais le temps de m'entretenir avec le jeune homme. Je cherchais surtout à évaluer son degré d'instruction qui se révéla correspondre à celui de tout garçon normal de son âge. Puis la séance débuta. Nous étions peu nombreux. J'étais surpris de ne pas être dans l'obscurité : la pièce était éclairée par une lumière douce  noir le plus complet.

Tout commença par une courte prière, récitée avec grande ferveur par l'un des assistants. Du reste, toutes les personnes paraissaient sérieuses et recueillies. Juste après la prière, le jeune homme tomba en avant d'un mouvement brusque, en haletant au point que j'en eus peur. Il serait même tombé par terre si le bras de son siège ne l'avait pas retenu. Mais au bout de quelques secondes, quelque chose, comme une main invisible, le redressa par secousse. Il s'assit mais ses yeux restaient fermés. Je sentais mon coeur battre plus vite et plus fort, tout en attendant la suite des événements.

- Grüss Gott12, commença-t-il. Puis, en s'adressant à moi, il demanda :

- Pourquoi es-tu venu ici ?

Son tutoiement me surprit. Dans son état normal, le jeune homme n'aurait jamais osé.

- Je suis venu en quête de vérité, répondis-je. On m'a parlé de ce qui se passait ici et j'ai voulu voir s'il s'agissait d'une fraude ou de quelque chose d'authentique.

- Crois-tu en Dieu ? Je sais que tu crois en Dieu. Alors pourquoi crois-tu en Dieu ?

Cette question fut si inattendue que je ne sus plus très bien quoi répondre.

Dans ma confusion, je donnai une médiocre explication.

- Je m'attendais à une meilleure réponse de ta part, dit-il calmement.

Ces paroles réprobatrices me firent l'effet d'une gifle. J'étais venu dans l'intention de démasquer une éventuelle fraude et voilà que dès le début, c'était moi qu'on interpellait !


~ Une manifestation surprenante.

- Nous reviendrons plus tard sur la question à laquelle tu as répondu si insuffisamment, dit-il avec douceur. Maintenant c'est à ton tour de m'interroger. Je répondrai dans la mesure où j'y suis autorisé. Tu as noté une série de sujets que tu veux me soumettre. Sors le billet que tu as sur toi avec les questions !

Les assistants me dévisagèrent avec étonnement. De plus, personne n'était au courant. Je pris ma feuille et posai donc ma première question :

- Pourquoi de nos jours le christianisme semble-t-il avoir perdu son influence sur les gens ?

Il commença à répondre sans hésitation et sans réfléchir. Tout en faisant son exposé, il répondit simplement et clairement aux questions intercalées par les assistants, ainsi qu'à leurs objections. D'après mes notes prises en sténo, voici ses propos :

- La doctrine du Christ contenue dans les documents parvenus jusqu'à vous a souffert dans son intégrité, sa pureté originelle et sa clarté. Dans ce que vous appelez le Nouveau Testament, plus d'un paragraphe important a été laissé de côté. Des chapitres entiers ont même été supprimés. Ce qu'il vous reste, ce sont des copies incomplètes. Vous n'avez aucune connaissance des textes originaux, de sorte que les modifications du texte initial ne peuvent plus être décelées13. Ceux qui ont commis ces crimes ont été sévèrement punis par Dieu.

L'un des participants voulut tout de suite savoir qui avait touché ainsi aux livres saints.

- Peu importe ! fut sa réponse. Il vous suffit de savoir que c'est arrivé et que Dieu les a punis ! A quoi vous serviraient leurs noms ? Vous vous mettriez à les juger. Vous savez que vous n'avez pas le droit de juger vos semblables. Dieu juge ! Et cela est suffisant. De plus, la dernière lettre de Paul adressée à toutes les communautés chrétiennes a été détruite. Il expliquait avec beaucoup de détails des passages de ses lettres antérieures qui avaient donné lieu à bien des malentendus. Ces éclaircissements ne concordaient pas avec de nombreux enseignements erronés qui s'étaient par la suite glissés dans la doctrine chrétienne.

Je l'interrompis en demandant quand et à quel moment les premières divergences s'écartant de la vraie doctrine avaient été introduites dans le christianisme.

- Dans une moindre mesure, dès le début. Tu sais bien que déjà au temps des apôtres, de nombreuses divergences divisaient les communautés. Plus tard s'insinuèrent bien d'autres opinions et lois, inventées par les hommes, et en désaccord total avec la doctrine du Christ. Si vous étiez en possession du texte complet et inaltéré, vous vous trouveriez débarrassés de plus d'un fardeau qui pèse sur vos épaules et qui vous a été imposé au nom de la religion et du christianisme. Plus d'une doctrine qu'on impose à votre croyance, et qui vous choque, apparaîtrait comme inexacte et cesserait de vous préoccuper. Et vous, en tant qu'enfants de Dieu, vous retrouveriez votre liberté.

« Actuellement, des millions d'hommes et de femmes sentent que beaucoup de points du christianisme ne correspondent pas à la vérité. Cependant, ils s'y accrochent par habitude, machinalement, sans y adhérer avec le coeur. Ce type de croyance de façade n'a aucune influence sur leur comportement. Il leur manque la flamme et l'ardeur de la foi véritable, celle qui vivifie. Beaucoup de chrétiens ne font même plus semblant de rester fidèles à leur foi. Au lieu de se débarrasser de ce qui est erroné, ils rejettent à la fois la doctrine religieuse et la foi en Dieu  à l'autre. Et ceci est grave. Mais le temps viendra où l'enseignement du Christ, dans toute sa pureté et sa vérité, sera rendu à l'humanité. Il n'est pas utile que vous sachiez de quelle façon cela arrivera. De plus, ce qui subsiste des originaux du Nouveau Testament a subi de nombreuses altérations, à plusieurs endroits. Le copiste a changé des mots et des phrases entières, soit en retranchant un mot ici, soit en y ajoutant un autre là, de manière à ce que cela serve ses intentions. Le sens du texte a été dénaturé.

« La plupart du temps, les copistes voulaient à tout prix trouver dans la Bible un passage justifiant les opinions de leur époque et n'ont pas hésité à falsifier des passages. Ils n'avaient pas toujours conscience de la gravité de ce qu'ils faisaient, et de leur conséquences. Bien au contraire. En agissant ainsi, ils pensaient rendre service à leur religion. Voici comment le peuple fut induit en erreur : nombreux sont ceux qui ont l'intime conviction de faire fausse route, bien qu'ils n'aient pas les moyens de savoir pourquoi. La conséquence évidente et logique d'une pareille situation, c'est que le christianisme ainsi déraciné ne saurait porter des fruits sains.

Je lui demandai, le coeur serré, de me citer un passage du Nouveau Testament où, en changeant ou en supprimant un mot, on avait opéré une falsification de sens.

- Le moment n'est pas encore venu, me dit-il, d'entrer dans le détail des falsifications. Plus tard, quand je te commenterai la Bible dans son ensemble. Mais je vais quand même te répondre avec deux passages, l'un où un mot a été remplacé par un autre, et un second où un mot a été supprimé. Tu connais l'exclamation de l'apôtre Thomas d'après le texte de votre Bible contemporaine : « Mon Seigneur et mon Dieu !14» En réalité, Thomas s'est servi de la même expression que les autres apôtres à chaque fois qu'ils s'adressaient au Christ : « Mon Seigneur et Maître ! » Le mot « Maître » a été falsifié par la suite et changé en « Dieu ». Je vous expliquerai une autre fois pourquoi. Le passage dans lequel on a supprimé un mot et, par-là, complètement changé le sens, présente pour toi un intérêt tout particulier. Tu es prêtre catholique. Tu crois détenir le pouvoir de pardonner les péchés. Quel est le passage du Nouveau Testament qui te sert de preuve qu'un tel pouvoir a été donné aux prêtres ?

Je citai le passage en question :

- « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront retenus ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus15».

Il me corrigea en récitant littéralement le passage :

- « Si vous pardonnez les péchés aux autres, ils leur seront pardonnés ». Le mot16 que vous traduisez par leur veut également dire en grec même. Dans le texte original, il y avait encore le mot vous devant le mot même. Le passage original dit textuellement et littéralement : « Si vous pardonnez les péchés aux autres, ils seront pardonnés à vous-même ». Tu comprendras aisément combien le sens a été déformé en supprimant le mot à vous. Ce passage ne fait dire au Christ que ce qu'il a exprimé et dit à beaucoup d'autres occasions, à savoir : Vous devez pardonner de tout votre coeur à vos semblables les fautes et les péchés dont ils se sont rendus coupables envers vous, afin que vous obteniez de Dieu le pardon de vos propres péchés. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés17. Le pardon est ce qu'il y a de plus pénible dans votre vie. Il vous faut pour cela une aide particulière de Dieu. Au même endroit18, le Christ dit aussi : « Recevez un esprit saint ! Si vous pardonnez leurs péchés aux autres, ils vous seront pardonnés à vous-même ». Mais si vous les retenez, c'est-à-dire dans votre coeur, vos péchés seront également retenus, c'est-à-dire par Dieu. As-tu bien compris ?

Tout accablé, je répondis oui à voix basse, en ajoutant aussitôt :

- Est-ce que selon toi, il est donc inutile que je reçoive, en tant que prêtre, la confession des péchés de mes semblables si je ne peux pas leur donner l'absolution ? Devrais-je donc renoncer à cette pratique ?

- Cela n'est pas nécessaire, dit-il. Puisque les chrétiens de ton Eglise pensent que pour obtenir le pardon de leurs péchés ils doivent les confesser à un prêtre, accepte tranquillement leur confession, comme ta charge le prescrit. Il n'y a pas de mal et il n'est pas interdit par la loi divine de confesser ses péchés à un être humain. Mais ne crois pas que tu as le pouvoir de pardonner les péchés de tes pénitents à la place de Dieu. Ta seule tâche consiste à éloigner de leur coeur leurs tendances à pécher, en les instruisant, en les admonestant, en les encourageant, en les consolant, de sorte qu'ils repartent convertis et prêts à le prouver par leur comportement. Se confesser et recevoir l'absolution par habitude routinière n'est pas seulement vain et inutile, mais une profanation de l'idée de la réconciliation avec Dieu. Mais les questions que tu intercales font que je m'écarte de mon sujet. Je vais continuer.

« Même si bien des points de la doctrine du Christ ont été supprimés intentionnellement dans les manuscrits-copies et qu'ils vous sont parvenus ainsi, altérés par suppression ou falsification, il y a encore beaucoup de textes authentiques restés suffisamment purs pour que les hommes, en s'y conformant, puissent s'approcher de Dieu. Malheureusement, ils n'arrivent pas à distinguer le vrai du faux.

« La base de la doctrine du Christ est : « Aime Dieu par-dessus tout, et ton prochain comme toi-même !19» Celui qui s'y conforme accomplit toute la loi du Christ. Les autres complètent cette vérité fondamentale et incitent à l'appliquer dans la vie. Et maintenant, j'arrive à la dernière, et non la moindre, pour laquelle le christianisme semble avoir perdu son influence sur l'humanité.

« Le peuple s'aperçoit que ses guides spirituels n'appliquent pas l'enseignement du Christ qu'ils prêchent eux-mêmes. Ceci s'applique au clergé de toutes les confessions. Il y a des exceptions, bien sûr, mais rares. Quels sont les prêtres que vous pouvez placer à côté du Christ sans qu'ils n'aient à en rougir ? Combien y en a-t-il qui partagent avec leurs frères et soeurs la souffrance, la pauvreté et le besoin ? Les membres de leur communauté sont pourtant leurs frères et soeurs. Sont-ils leurs « serviteurs », comme leur a prescrit le Christ, ou des dominateurs et des exploiteurs ? Accordent-ils leurs services gratuitement ? Certains ne vont-ils pas jusqu'à tarifer20 leurs prières ? Et leur vie privée ? Leurs vie sexuelle ? Je n'en parlerai pas maintenant, mais plus tard avec toi seul.

A ces mots, il se tourna vers moi et continua :

- Tu as l'intention d'aller rendre visite à ta famille demain. Ce voyage ne presse pas. Demain tu resteras chez toi et tu reviendras ici à 19h30. Nous parlerons en tête-à-tête. Lorsqu'il sera revenu à lui, tu le diras aussi au jeune homme que j'utilise pour te parler.

Alors, il termina avec une prière dans une langue inconnue, leva ses mains pour bénir et prononça les paroles suivantes :

- Soyez bénis au nom du Seigneur. Gruess Got ! »


Après cette dernière salutation, le jeune homme tomba en avant comme au début, ouvrit les yeux et regarda autour de lui, étonné. Il ne pouvait comprendre que l'heure fut déjà si avancée. Il ne se rappelait de rien et dit simplement qu'il avait l'impression d'avoir bien dormi. Il se sentait frais et dispos. Mais lorsque je lui demandai de revenir le lendemain, il fit non en raison d'un travail urgent à terminer, et qu'il ne rentrerait pas chez lui avant 21 heures. Il ajouta que son patron l'avait prévenu la veille. Malgré tout, je décidai de remettre mon voyage et de venir à l'heure indiquée.


De retour chez moi, il me semblait avoir vécu un cauchemar. La lune déversait ses rayons argentés sur les toits et les étoiles brillaient doucement dans la nuit claire. Mais au fond de moi, mes pensées tourbillonnaient et s'élevaient comme des flammes. Je sentais que cet incendie enveloppait déjà les poutres qui tenaient l'édifice de ma foi. Qui disait vrai ? La religion, dont j'étais l'un des prêtres, ou la voix de ce garçon ? Ou alors était-ce le jeune homme lui-même qui inventait tout ça en jouant la comédie ? Ce garçon, comme ça, de lui-même ? Non, ce n'était pas possible. Il m'était encore plus impossible de penser ça, que de croire à tous les dogmes du monde. En revanche, j'avais déjà lu des articles traitant du « subconscient » et de la « transmission de pensées ». J'allais donc pousser mon enquête. L'affaire me semblait bien trop importante. Et je ne pouvais plus faire marche arrière. Il me fallait y voir clair. La prochaine séance me rapprocherait peut-être de la lumière.


~ 3 ~

La décision




« Détourne-moi de la voie de mensonge, fais-moi la grâce de ta loi. J'ai choisi la voie de vérité, je me conforme à tes jugements ».


Psaumes 119: 29-30



~ Nouvelles paroles du ciel.

Le lendemain, après une nuit presque blanche, je me suis efforcé à oublier les pensées qui m'obsédaient, par un travail acharné à mon bureau de la Société de Bienfaisance. Et le soir, je me retrouvai dans l'appartement. A ma grande surprise, le garçon était déjà là car vers 16 heures, son employeur avait changé d'avis. Aussitôt, il entra dans le même état inexplicable que la veille. L'esprit me salua par son « Grüss Gott », me donna la main et dit :

- Je suis content que tu sois resté. En effet, j'ai beaucoup à t'apprendre. Mais avant, je dois terminer le point de hier.

Et il me brossa un tableau des moeurs d'une grande partie du clergé. Je l'écoutai avec consternation et une émotion douloureuse. Ensuite, il s'adressa à moi avec gentillesse :

- Parle-moi franchement et avec confiance. Je sais que depuis hier, tu es remué jusqu'au tréfonds de ton âme, que tu es perdu et que tu ne vois plus clair.

D'une voix tremblante à cause de l'émotion, je répondis :

- Tu as raison. Tout est confus. Je ne sais que penser de tout cela. Explique tout et dis-moi qui tu es, et comment tu peux parler à travers lui ?

- Tu as raison de commencer par là. Car avant toute chose, vous devez examiner les esprits qui vous parlent pour savoir s'ils viennent de Dieu21; pour ne pas devenir les victimes des esprits du mal qui vous ruinent le corps et vous mentent spirituellement, précipitant votre vie dans un gouffre. Je te jure devant Dieu que je suis un de Ses bons esprits et même un de Ses plus hauts esprits. Mais ne dévoile pas mon nom.

Puis il me le donna avant de reprendre :

- C'est moi qui t'ai conduit ici. J'ai reçu de Dieu la mission de t'instruire, et toi, tu devras instruire tes semblables !

Je ne savais plus où j'en étais, ni ce qui m'arrivait.


~ Les Esprits dans les textes bibliques.

- Je veux commencer, continua-t-il, par t'expliquer ce qui se passe ici. Peut-être penses-tu que c'est quelque chose de nouveau et d'insolite. Mais c'est aussi vieux que l'humanité. Depuis les premiers humanoïdes, jusqu'à ce jour, le monde des esprits a toujours communiqué avec les hommes, aussi bien le monde des bons que des mauvais. Tu as souvent lu dans l'Ancien Testament que Dieu a parlé aux hommes. Il a parlé à Adam, à Caïn, à Abraham, à Isaac, à Jacob, à Moïse et à beaucoup d'autres. Comment te représentes-tu leurs dialogues ? Dieu est pourtant esprit22. Mais un esprit ne possède pas de bouche. Pas de cordes vocales comme les hommes. Alors comment Dieu a-t-il pu vous parler ?

- Je ne sais pas...

- Et comment t'expliques-tu l'apparition de trois hommes devant Abraham ? Il savait bien que ce n'était pas des êtres humains, mais des envoyés de Dieu. Il leur donna pourtant à manger et discuta avec eux de la destruction de Sodome et Gomorrhe23. Comment expliques-tu ces phénomènes ?

Je n'étais pas capable de répondre. J'avais lu tout cela plus de cent fois, je l'avais même raconté aux enfants de l'école. Mais la manière dont la communication des esprits se passait avec les hommes selon la Bible, était quelque chose dont je n'avais jamais entendu parler et sur quoi je n'avais jamais réfléchi. Il continua d'examiner ces choses avec moi, mais j'étais incapable de donner une réponse correcte à quoi que ce soit. Il reprit :

- Tu sais que vous les hommes, vous disposez de différents moyens pour communiquer à distance. Vous écrivez des lettres, vous téléphonez, vous télégraphiez, et actuellement vous utilisez même les ondes pour la radio. Le monde des esprits, séparé de vous par la matière, dispose également de moyens variés pour entrer en communication avec vous, perceptibles à vos yeux et oreilles. Vous, les hommes d'aujourd'hui, vous ne méditez pas ces choses. Vous les lisez, mais tout reste lettre morte. Songe à l'histoire de Moïse ! Tu y trouves « l'Ange du Seigneur » qui parle à travers le buisson ardent24. Tu te rends compte que Dieu lui donne Ses instructions jour après jour, lui disant ce qu'il doit faire. Tu y lis que l'Ange du Seigneur marche devant les enfants d'Israël dans une colonne de nuée d'où il leur parle25. Tu apprends que Moïse consulte Dieu aussi souvent qu'il le désire et qu'Il lui répond26.

« Le peuple avait également le droit d'interroger Dieu : les gens se rendaient sous la « tente de réunion » près du campement. Josué, serviteur de Moïse, devait s'y tenir constamment et il n'était pas autorisé à la quitter27. Réfléchis : pourquoi le jeune Josué devait-il rester en permanence dans la tente ? Existait-il un rapport entre sa présence et le fait d'interroger Dieu ?

La réponse m'apparut en un éclair.

- Josué était sans doute comme ce jeune homme devant moi. Tu utilises son corps pour me parler. Les esprits se servaient du corps de Josué de la même façon.

- Exact, répondit-il. Cependant, souviens-toi que lorsque la Bible dit « Dieu a parlé », il s'agit très rarement de Dieu en personne. Car en règle générale, Dieu ne parle qu'au travers de ses messagers. Sache aussi que le monde des esprits n'utilise pas toujours un être humain pour s'adresser à vous. Ils disposent de nombreux autres moyens pour se faire comprendre. Aussi, sache que Dieu parlait à travers la « colonne de nuée ». Bien souvent, la communication avec les esprits n'était possible que par le don de « clairvoyance » et de « clairaudition » donné à certaines personnes. Les conversations de Dieu avec Adam et Eve, et d'autres plus tard, passaient par la « clairaudition ». Mais il existait encore une autre méthode dont les Israélites se servaient fréquemment pour interroger Dieu. C'était le « pectoral », fixé sur l'éphod28 du Grand Prêtre. Le pectoral s'appelait aussi « oracle ». Je te parlerai de cela plus tard.

« L'Ancien Testament n'est pas le seul livre à rapporter des communications avec les esprits : il en est également question dans le Nouveau. Tous les Evangiles, et notamment les Actes des apôtres contiennent un grand nombre de récits traitant de manifestations d'esprits. Le Christ lui-même avait promis à ceux qui auraient la foi qu'il leur enverrait les esprits de Dieu29. Ce qui se passait lors des assemblées chrétiennes, choses que maintenant vous n'arrivez pas à vous expliquer, provenait des manifestations des esprits : ils parlaient en langue étrangère à travers une personne, dans une langue connue à travers une autre, octroyaient le don de guérir les malades à une troisième, tandis que les autres recevaient une autre faculté30. Cela se passait chaque jour et c'était normal.

« Cette communication avec les esprits n'a pas cessé, comme les Eglises voudraient le faire croire, après la première ère chrétienne. Au contraire, elle doit continuer et existera toujours, car elle constitue l'unique chemin vous permettant d'atteindre la vérité. Mais ce contact dépend de la volonté des hommes d'entretenir ou non ce lien avec le monde des esprits. Dans l'Ancien Testament, on a vu des époques où la communication des bons esprits avec les hommes cessa presque entièrement. C'était le temps où Dieu était devenu un étranger31. De nos jours, malgré les temples, églises et autres synagogues qu'ils bâtissent, les hommes ont en grande partie délaissé Dieu pour se vouer au mal. Si l'humanité revient à Dieu et établit avec Lui une intimité semblable à celle de diverses époques de l'Ancien Testament et des premiers chrétiens, tout ce dont on vous parle, et qui vous semble si merveilleux, se répétera. Dieu reste toujours le même, avant comme maintenant. Il aime Ses créatures tout autant aujourd'hui qu'hier, sans préférences.


~ Invitation de l'Au-delà.

- Pour aujourd'hui, mes éclaircissements devraient te suffire. Je t'informerai progressivement des détails de la communication des esprits avec les hommes, mais pour cela, tu dois me laisser t'expliquer mon enseignement, et surtout, tu dois accepter la tâche qui t'est réservée. Mais personne ne t'oblige à accepter. Tu restes libre  accepter ou refuser et continuer comme d'habitude. Si tu acceptes, tu connaîtras des privations et des sacrifices. Tu seras persécuté pour l'amour du juste et du vrai. Mais tu trouveras la paix. Si tu refuses ce don de Dieu que je t'apporte, tu en assumeras également les conséquences. A toi de décider. Ne crois pas aveuglément, mais vérifie toujours s'il s'agit de la vérité ou d'une tromperie. Pour cela, tu ne te contenteras pas de ce que je te dis. Tu devras réaliser tes propres observations, indépendamment de ce que tu vois ici.

« Avant de terminer, je te prie de choisir parmi tes paroissiens quelques personnes encore ignorantes de ces choses. Ensuite, une fois par semaine, à heure fixe, vous vous rassemblerez, vous prierez et vous commenterez les Ecritures, comme les premiers chrétiens. Prête bien attention à ce qui se passera. Tu pourras ainsi comparer ce dont tu seras témoin avec ce que tu vois et entends ici. De plus, arrange-toi pour rejoindre le groupe chaque dimanche afin que je puisse continuer mon enseignement.

- Je veux bien venir chaque fois que je le pourrai. Mais comment choisir parmi mes simples paysans, les bonnes personnes ? Cela pourrait entraîner des répercutions négatives dans tout le village. De plus, je ne vois personne de qualifié.

- Si tu acceptais, tout le reste s'arrangeait, rétorqua-t-il. Tu n'es pas obligé de dire oui. Tout dépendra de ta décision, mais je me permets de te conseiller d'accepter. A présent, je voudrais terminer.

Comme la veille, il leva les mains pour bénir et dit : « Que Dieu te garde ! Qu'Il te donne la force d'accomplir Sa volonté ! Amen. Grüss Gott ! » Et à nouveau, le garçon tomba en avant et revint à lui quelques instants plus tard sans se rappeler de quoi que ce soit.


Toutes les explications ordinaires que j'échafaudais paraissaient insuffisantes. Ce qui m'impressionnait le plus, ce qui me subjuguait, c'était la clarté et la logique convaincante des propos que j'entendais pour la première fois. Seule la vérité pouvait avoir une telle influence. Bon nombre de choses que je n'avais pas comprises dans la Bible me paraissaient maintenant claires. Je comprenais aussi que ce n'était qu'une initiation. On me laissait entrevoir un enseignement complet et détaillé. Il me suffisait d'accepter.

En plus, on me suggérait de ne pas me contenter de ce que j'avais entendu. Je devais aussi puiser à une source différente de celle-ci. Il m'était demandé de célébrer une sorte de culte religieux comme celle des premiers chrétiens, avec des paysans ignorant tout de la communication avec les esprits, et cela dans ma propre paroisse.

~ Prendre une décision.

Allais-je prendre le risque ? Que diraient les gens ? Je commençais à craindre les rumeurs. Mes paroissiens allaient probablement me prendre pour un fou. Lorsque mes supérieurs ecclésiastiques apprendraient la nouvelle, ne perdrais-je pas ma place ? Tout cela me pesait et me déchirait intérieurement. De quel côté me tourner ?

Je sentais que le moment était arrivé de prendre une décision. Jamais de ma vie je n'avais prié Dieu avec autant de ferveur qu'à cet instant. Pour finir, je résolus d'accepter et de suivre les instructions reçues, même au prix des plus lourds sacrifices, au risque de perdre ma situation et de ruiner mon existence matérielle.

Mais une fois ma décision prise, j'ai retrouvé la souveraine paix du coeur et j'ai envisagé l'avenir avec confiance.


~ 4 ~

Confirmation de la vérité




« Quant à vous, vous avez reçu l'onction venant du saint, et tous vous possédez la science ».

1er épître de Jean, 2:20





~ Phénomènes insolites dans la paroisse.

Sans me soucier des conséquences, j'avais pris la décision de choisir quelques personnes des environs pour organiser les réunions. Je n'avais aucune idée de qui j'allais choisir. Ne m'avait-on pas dit que tout s'arrangerait si je disais oui ? Et c'est bien ce qui se passa sans que je fusse obligé de recruter. Les personnes me furent amenées de façon singulière, et sans intervention de ma part. Par exemple, une malade partiellement paralysée, et à laquelle je rendais visite plusieurs fois par semaine : une de ses soeurs s'était mariée dans mon église et avait quatre enfants, de 20 à 28 ans, trois garçons et une fille. Un soir, alors que je me trouvais à son chevet, l'un des fils entra pour chercher sa mère. Apprenant qu'elle était partie faire des courses, le garçon prit place pour attendre sa mère qui arriva peu de temps après, avec deux autres enfants. Et quelques minutes après, sa fille arriva également. En tant qu'infirmière, elle me demanda si l'un de mes malades avait besoin d'une garde de nuit. Nous étions donc réunis à sept personnes.

Tout à coup, un de garçons commenta mon sermon du dimanche précédent parce que j'avais cité un texte qui leur était inconnu. Je m'empressai de lui expliquer le passage biblique en question et à la fin, l'un des garçons déclara qu'il serait heureux d'entendre plus souvent des explications bibliques. Je lui répondis que j'étais prêt à les retrouver ici chez leur tante malade, pour répondre à leurs questions. C'était là, dis-je, une coutume des premiers chrétiens, que de se réunir dans leur maison pour aborder des questions religieuses. Tout le monde se déclara ravi et on fixa les dates.


Nous nous étions déjà réunis plusieurs fois le soir, sans remarquer quoi que ce soit de particulier. Nous commencions nos séances par une prière, puis nous nous tenions par la main dans un recueillement de quelques instants. Ce recueillement était suivi par la lecture d'un passage, par un commentaire et par des questions-réponses. Nous discutâmes également d'un moyen pour aider les pauvres de la région. J'observais avec étonnement à quel point les trois frères prenaient la chose au sérieux. Un détail retint non seulement mon attention, mais aussi celle de la maman : l'expression du visage des trois garçons changea, devenant plus noble, plus belle.

Même des personnes extérieures au groupe s'en aperçurent. L'un des garçons avoua ne pas savoir ce qui se passait en lui. Il raconta qu'en travaillant dans les champs, il se sentait constamment poussé par une voix intérieure à louer Dieu, à Le glorifier et à Le remercier. Avant, dit-il, il n'avait jamais eu de telles pensées. Et maintenant, à cause de son tempérament, lorsqu'il lui arrivait de se mettre en colère, il en ressentait tant de regret qu'il était obligé de cesser son travail pour demander pardon à Dieu. Sans quoi, il ne pouvait reprendre sa tâche. J'avais vécu la même chose depuis ma première réunion. Des fautes et des négligences, auxquelles je n'avais pas prêté attention dans le passé, me causaient à présent de réels remords.


A notre quatrième réunion, j'expliquais toujours un passage biblique. Je n'avais pas encore fini qu'un des garçons donna des signes d'agitation en me fixant avec une lueur étrange dans les yeux. Je notai qu'il semblait vouloir résister à quelque chose. Soudain ses membres se mirent à trembler en même temps qu'il me dit :

- Je n'y peux rien. Je me sens poussé à vous dire que votre explication n'est pas la bonne. On m'oblige à vous donner l'interprétation correcte de ce passage.

Il prononça les paroles qu'une force intérieure lui dictait. Ses explications étaient si claires et si évidentes que ni moi, ni les autres n'aurions pu mettre en doute leur exactitude. A peine nous étions-nous remis de notre étonnement qu'il ajouta :

- Je me sens comme poussé à écrire.

- Que veux-tu écrire ? demandai-je.

- Je n'en sais rien. Mais une force irrésistible m'y oblige. Donnez-moi du papier et un crayon !

Après avoir reçu ce qu'il demandait, il remplit à toute vitesse une page entière. Une lettre s'alignait à coté de l'autre, sans que les mots et les phrases fussent séparés. La page était signée « Celsior » et contenait un message important pour nous. Le garçon demanda la signification de « Celsior ». Je lui expliquai que c'était du latin, signifiant « le plus élevé » ou « un plus élevé ».

Alors je l'ai interrogé sur ses sensations. Mais il me répondit qu'il n'arrivait pas à trouver les mots justes. Il se trouvait, dit-il, sous l'influence d'une force si considérable qu'il lui eût été impossible de résister et de s'y opposer. Il déclara également qu'il s'était défendu de son mieux au moment où une force l'avait poussé à dire que mon explication était fausse. Parce que lui, ajouta-t-il, était persuadé de sa justesse.

Il déclara aussi qu'il avait eu l'impression que ses propres pensées lui étaient ôtées et remplacées par d'autres. Il s'était bien rendu compte qu'il écrivait, mais ne prenait conscience du sens des mots qu'au moment où il les traçait. Après avoir terminé une phrase, il en oubliait le contenu et ne songeait qu'à la phrase suivante. Il se sentait poussé à la dire ou l'écrire. Pendant qu'il écrivait, il ne pouvait porter son attention sur les lettres, ni l'orthographe, ni la ponctuation. Et à la fin, il était incapable de répéter ce qu'il avait dit et écrit.

Nous parlions encore de ce qui venait de se passer, lorsqu'un des frères déclara qu'il ne pourrait plus assister aux réunions :

- En effet, lança-t-il, je ne peux plus tenir ma tête. Je sens qu'elle est tournée dans tous les sens par une force inconnue. Je résiste mais en vain.

Comme sa mère, j'avais effectivement remarqué ses mouvements agités. Elle me regardait d'un air apeuré et interrogateur. Je l'ai calmée, ainsi que le garçon, en leur assurant qu'il n'y avait aucune raison de craindre quoi que ce soit, car nous ne faisions rien de mal et que bientôt nous en obtiendrons l'explication. J'ai précisé que des phénomènes identiques se produisaient pendant les assemblées des premiers chrétiens. Afin de leur prouver, je leur donnai lecture du chapitre 14 de la première Epître de Paul aux Corinthiens32.

Ce soir-là était nouveau pour moi, comme pour les autres. Ma rencontre avec le jeune homme de la ville voisine m'avait seulement révélé qu'un esprit parlait par la bouche d'un homme totalement inconscient. Je ne pouvais pas imaginer, et je ne savais pas qu'un esprit était capable d'utiliser un homme pleinement conscient, et de s'en servir comme instrument pour parler et écrire. J'étais donc bien content de poser la question à la séance du dimanche. Voici la réponse de l'esprit :

- Ne t'inquiète pas si tu n'arrives pas à tout comprendre immédiatement. Tout est trop nouveau pour toi, tes notions sont trop incomplètes et insuffisantes. Tu comprendras peu à peu. Vos découvertes scientifiques ne se font pas autrement. La découverte est d'abord considérée comme impossible et l'auteur passe pour fou. Des années plus tard, la même découverte est reconnue par tout le monde, et considérée comme normale. Qui donc, il y a cent ans aurait pu imaginer vos avions, votre téléphone et votre radio ? Si à l'époque quelqu'un avait prédit la navigation aérienne, l'envoi du son à distance, la possibilité d'écouter chez soi la musique d'un lointain concert, on n'aurait pas pris cette personne au sérieux. Et vos scientifiques auraient été les premiers à les réfuter.

« A présent, tu apprends par d'autres et par expérience personnelle que le monde des esprits peut communiquer avec les hommes dès que les bonne conditions sont remplies. La majorité des hommes n'y croit pas et considère que c'est une chose impossible, tout comme autrefois les gens refusaient de croire à la la réalité d'aujourd'hui. Vos savants refusent d'admettre que les esprits puissent intervenir dans votre vie de façon perceptible par vos sens. Pourtant, des milliers de phénomènes se produisent à votre époque, des événements pouvant être constatés par les scientifiques, et ne pouvant s'expliquer que par l'intervention du monde des esprits.

« Cependant vos scientifiques cherchent d'autres théories et s'attendent à ce que vous les acceptiez dans un environnement soi-disant naturel. Ainsi, les hommes de science évitent de s'impliquer dans les sujets qui traitent de l'au-delà et du monde des esprits33. Les uns agissent ainsi parce qu'ils refusent de croire à la survie, les autres parce qu'ils n'ont pas encore le courage de défendre la possibilité de l'intervention des esprits, même s'ils en sont intimement convaincus. Ils craignent pour leur réputation professionnelle. Mais le temps viendra où votre science admettra que le monde des esprits, bons comme mauvais, intervient dans votre vie et dans votre destinée, de manière variée aussi visible que tangible. Ne t'étonnes pas si on te considère maintenant comme anormal lorsque tu déclares avoir parlé avec un esprit.

« Je trouve cependant extraordinaire que vos communautés religieuses réfutent l'influence du monde des esprits et leur communication avec les hommes. Et lorsqu'elles l'admettent, elles prétendent que seul celui des mauvais esprits se manifeste. Totalement idiot. Si les esprits ne peuvent pas descendre jusqu'à vous aujourd'hui, comment ont-ils pu le faire dans le passé ? Dans ce cas, tous les récits bibliques concernant la manifestation des esprits seraient à reléguer au rang de contes de fées. Si seuls les « mauvais » esprits peuvent se manifester, alors il devait en être de même autrefois.

« Dans ce cas, toutes les religions qui s'appuient sur l'Ancien et le Nouveau Testament s'écrouleraient. Ne prétendent-elles pas avoir reçu leurs vérités religieuses et morales du monde spirituel ? Si en revanche il s'agissait de « bons » esprits, il n'y a aucune raison pour qu'ils ne puissent pas en faire autant aujourd'hui. Le même Dieu qui envoyait les bons esprits à l'époque, les envoie toujours aujourd'hui. De même qu'autrefois Dieu voulait ramener les hommes sur le droit chemin, Il le veut encore aujourd'hui. Ou bien pensez-vous n'avoir plus besoin d'être guidés et instruits par les esprits de Dieu ? Croyez-vous être meilleurs et plus sages que vos ancêtres ? Estimez-vous détenir la vérité ?

« Ce que tu as vu dans ta paroisse est la confirmation de ce que tu apprends ici. Tu verras encore bien d'autres choses. Ne crains pas pour le garçon qui n'arrive pas contrôler sa tête. On le forme et tu verras comment les différents « médiums » sont sculptés. Le mot « médium » signifie « instrument ». Les médiums sont des trait d'union entre les esprits et les hommes. Les animaux aussi peuvent être des médiums. Mais on en parlera plus tard.

« Lorsque des hommes doivent servir d'instrument aux esprits, ces derniers les forment. La durée de la formation varie, dépendant des individus et de leur tâche ultérieure. Aujourd'hui, je te dirai juste le minimum : deux personnes sont formées. La première comme médium à « inspiration »  un esprit lui inspire des pensées déterminées avec une telle force que ses propres pensées sont effacées. Alors le médium est dominé par l'esprit. Il répétera et écrira ce qui lui aura été dicté, tout en restant conscient. Ton médium à « inspiration » devra être formé davantage car bien des choses font encore écran en lui. Tu sauras plus tard ce que cela signifie.

« L'autre médium, encore inactif, en est à son premier degré de formation. Il s'agit du garçon qui n'arrivait pas à tenir sa tête. Il deviendra un médium parlant. Un esprit différent prendra sa place et parlera à travers lui. Il entrera alors dans un état appelé « transe » médiumnique qui peut atteindre différents degrés, selon que son esprit est partiellement ou entièrement séparé de son corps. Il vous est difficile de comprendre comment l'esprit se sépare de son corps physique. Je te l'expliquerai plus tard. La formation d'un médium à transe profonde n'est pas jolie à voir, même si elle obéit à des lois éternelles. Afin que sa mère ne s'inquiète pas, il est préférable qu'elle n'assiste plus aux séances.

« La formation des médiums est une chose sacrée. Pendant les séances, vous devez beaucoup prier pour eux. Pensez à implorer Dieu afin que Sa volonté s'accomplisse et pour que les médiums deviennent des instruments à promouvoir le bien, tout en Lui restant fidèles.


Ces explications se confirmèrent en tous points. La formation du « médium à inspiration » progressait rapidement. Le garçon reçut des informations très détaillées sur les vérités les plus importantes qu'il retranscrit sur papier. Elles traitaient de choses tout à fait nouvelles pour moi et en grande partie en contradiction avec l'opinion du garçon, sans parler de la mienne, et que j'avais prêchée avec conviction.

Dans ce cas précis, il ne pouvait nullement être question d'inconscient ou de transmission de pensées, causes par lesquelles on essaie souvent d'expliquer ces choses. Il ne pouvait s'agir de télépathie parce que le médium à inspiration n'écrivait plus ses messages pendant les séances, mais chez lui, sans témoins. Le garçon n'écrivait jamais de sa propre volonté, mais sous l'emprise de la même force irrésistible. Une fois, il fut même réveillé très tôt le matin, bien avant l'heure habituelle, et on le poussa à écrire. Il ne s'exécuta pas, l'heure lui paraissant beaucoup trop matinale. Il se sentit alors tiré violemment du lit et projeté sur le sol. Paniqué, il se releva et prit immédiatement son stylo. Il rédigea les paragraphes explicites et merveilleux d'un message traitant de la « Rédemption ». Et ces développements ne concordaient en rien avec ce qu'il en savait, ni avec ce qu'on pourrait lire sur le sujet ou apprendre ailleurs.

De même, ce simple paysan écrivit un traité sur « L'Ecriture Sainte » avec des vérités tout à fait nouvelles. Non seulement le fond, mais la forme et la structure montraient que par lui-même il n'aurait jamais pu composer une explication d'un tel niveau. Il aborda les sujets suivants en prose : La spiritualité de l'âme, La grâce divine, Qu'a fait pour toi ton Rédempteur, Le printemps, L'été, L'automne et L'hiver, La moisson, La nuit, Implorez le Seigneur, L'amour filial, La mort. Ses écrits en prose n'ont pour sujet que des vérités divines. Il en est de même pour ses poèmes : L'appel des héros, Le langage de la création, Salut et Hosanna, Sur le chemin de Dieu, Le berger du Seigneur et son troupeau, Le plus fort, Ainsi s'avance ton créateur.


La formation de son frère comme médium « parlant » prit davantage de temps. Son état physique devenait tel qu'il faisait peur à voir. J'étais donc heureux d'avoir été averti, sans quoi je n'aurais pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. La formation achevée, il entra en transe comme le médium que j'avais vu en ville. Le premier esprit qui parla s'annonça par le salut « Gott mit uns34» puis jura par Dieu qu'il était un bon esprit de Dieu et déclara son nom. J'appris beaucoup de choses et reçus de nombreuses directives et instructions de cet esprit qui toutes concordaient avec ce que j'avais appris par le médium « à inspiration ».

Deux choses attirèrent particulièrement mon attention. D'abord je constatai une différence hiérarchique entre le médium parlant et l'esprit qui se servait du médium. Car il m'arrivait de poser des questions importantes à l'esprit qui parlait par le médium de ma paroisse et de l'entendre répondre : « Je n'ai pas été chargé d'une telle mission. Mais pose ''Lui'' la question ». Quand il prononçait le mot « Lui », il s'inclinait profondément.

En parlant de « Lui », il voulait dire l'esprit qui se servait du jeune homme de la ville. La première fois qu'il m'avait renvoyé à « Lui », j'avais demandé s'il connaissait cet esprit. « Je le connais » avait été sa réponse. Et il s'était à nouveau incliné profondément. Je ne comprenais pas pourquoi l'esprit qui se servait du jeune paysan n'était pas autorisé à répondre à toutes mes questions, contrairement à l'autre. Et j'en demandai la raison. Il me répondit que dans leur monde les choses se passaient comme chez nous. Un messager chargé d'une mission particulière auprès d'une personne s'acquittera uniquement de cette tâche déterminée, et ne fera pas davantage. « Lui » en tant qu'envoyé de Dieu, me dit-il, avait le droit de répondre à chacune de mes questions s'il le jugeait utile. L'esprit se servant du médium de ma paroisse n'était pas chargé d'une mission aussi étendue. Cependant, il ajouta que celui-ci avait le devoir de me renvoyer vers « Lui » pour tous les sujets sortant de ses attributions.

Je remarquais aussi une autre différence. Si le même esprit occupait le médium de la ville, en revanche ils étaient plusieurs à se partager le médium de la paroisse. Là, celui qui se manifestait en premier apparaissait comme le chef du groupe. Il saluait toujours en disant : « Gott mit uns ! » et se reconnaissait à sa voix douce et à sa manière spécifique de s'exprimer.

Un jour je lui en demandai la raison :

- L'esprit du médium de la ville a reçu une mission tout à fait spéciale et c'est pour cela qu'il est le seul à l'utiliser. Les autres esprits n'y ont pas accès. C'est moi qui ai formé celui qui te parle. Mais, selon la volonté de Dieu, d'autres esprits, des bons et des mauvais, le visitent également et se manifestent par lui. De cette façon, tu auras l'occasion de connaître différentes variétés d'esprits. En fonction de leur discours, tu seras capable de situer leur situation et condition dans l'au-delà. Mais tu dois comprendre le chemin qu'empruntent tous ces esprits inférieurs avant d'arriver à la perfection. Une telle expérience est d'une importance capitale pour toi. C'est l'enseignement pratique contre l'enseignement théorique.

« Toutefois, ceux se manifestent à travers lui, ne sont pas libres de leurs allées et venues. Ils sont soumis à un Esprit Contrôleur chargé de désigner les esprits qui doivent visiter le médium et de fixer leur temps de parole. Tous le médiums utilisés pour répandre le bien sont soumis à ce contrôle. Il en est de même pour toutes les séances où la communication des esprits se déroule selon la volonté divine. En l'absence de ce contrôle et en l'absence des esprits supérieurs, vous ne verrez rien de beau, ni de bon. Les esprits supérieurs n'interviennent que là où tout se passe selon les règles de Dieu et sous le contrôle de l'un de Ses esprits. La plupart des réunions de communication actuelles ne bénéficient pas de ce contrôle et deviennent un champ d'expression libre pour les esprits inférieurs. Pour commencer, je te dirai à l'avance quels seront les esprits qui visiteront le médium et le comportement que tu dois adopter.


Tout se passa comme il l'avait dit. Le nombre des esprits qui utilisaient le médium s'avérait considérable. Des esprits supérieurs arrivaient en louant Dieu, puis nous donnaient un enseignement précieux et repartaient en nous bénissant au nom de Dieu. En revanche, les esprits en proie à d'atroces souffrances se présentaient souvent pour nous supplier de les aider avec des paroles émouvantes. Ils nous demandaient même de prier avec eux. Parfois, ils s'exprimaient dans une langue étrangère et semblaient malheureux d'être incompris. Puis venaient les esprits inférieurs qui maudissaient leur sort ainsi qu'eux-mêmes. Ils nous lançaient des insultes effroyables, et injuriaient toute chose sacrée dans des termes les plus abjects. Quand on leur demandait de prier Dieu avec nous, ils refusaient par des sarcasmes ou des paroles haineuses. Et si nous leur demandions de prononcer le nom de Dieu, ils quittaient le médium sur-le-champ. Pire, d'autres esprits ne se rendaient même pas compte que la mort les avait séparés de leur corps : ils se croyaient encore sur terre et s'occupaient exactement comme avant. Il s'agissait des esprits « liés à la terre35».



Mais la chose la plus horrible était la manifestation des esprits de criminels. Ils se voyaient continuellement sur les lieux de leur crime à revivre les scènes les plus pénibles de leur acte. C'était comme un film se répétant sans cesse. L'esprit du meurtrier était continuellement occupé à préparer et exécuter son meurtre dans tous les détails. Ils nous répétaient en paroles leurs pensées au moment de leur crime, et même ce qu'ils avaient ressenti. Leurs victimes apparaissaient devant eux et les fixaient de leurs yeux implorants. Idem pour les usuriers et autres personnes qui avaient précipité leurs semblables dans la misère. Leurs victimes les suivaient partout.

L'esprit du suicidé était la proie des mêmes sensations répétitives et des mêmes détresses vécues au moment de son suicide. Nul ne pourrait imiter les expressions faciales de ces esprits revivant les heures les plus sombres de leur vie à travers le corps de médiums qui ignoraient tout. Il nous arrivait souvent de trembler littéralement en voyant toutes ces scènes. De temps en temps, des « esprits moqueurs » se présentaient : ils voulaient nous amuser par leurs mensonges, leurs facéties et leurs blagues. Comme on refusait leur présence prolongée, ils repartaient aussi vite qu'ils étaient arrivés.


La manifestation de ces esprits si différents avait une signification bien précise : nos guides nous offraient un enseignement de qualité. Mais parfois ils nous faisaient des remontrances, au point qu'il arrivait à l'un ou l'autre des participants de pleurer. Et plus d'une fois les pensées intimes de certains participants furent étalées devant tout le monde, mais jamais les humilier. C'est d'ailleurs une particularité du monde des bons esprits d'exprimer des reproches sans jamais vexer. Leurs blâmes qui signalent les manquements des hommes s'accompagnent de paroles de consolation et d'encouragement. Ils n'arrachent pas le roseau brisé et n'éteignent pas la mèche qui brûle encore. D'une main douce, ils pansent les plaies du coeur de leurs protégés. Ils n'ont pas l'habitude de répéter leurs réprimandes et leurs avertissements. Quand leurs conseils ne sont pas suivis, il rappellent leur sujets à l'ordre encore une ou deux fois. Si en revanche, on s'efforce de suivre leurs conseils, ils continuent leur instruction jusqu'à ce que leur tentative soit couronnée de succès.

Si un sujet fait preuve d'une bonne volonté exemplaire, leur charité ne connaît aucune limite, leur pitié est sans bornes, même dans les cas où, par faiblesse humaine, une personne trébuche régulièrement. Mais si quelqu'un refuse le moindre effort pour suivre les conseils d'un guide de Dieu, et qu'ensuite il pose des questions sur d'autres thèmes, la réponse est toujours la même : « Pourquoi me demander ? Tu ne fais pas ce que je te dis ».


Les manifestations des esprits inférieurs constituaient également un enseignement. Je n'oublierai jamais cette soirée au cours de laquelle trois suicidés visitèrent le médium l'un après l'autre. Nous assistâmes à la chose la plus horrible que puisse voir un homme. Après le départ du dernier, et que nous étions encore totalement secoués, l'esprit supérieur « directeur » s'empara du médium et nous parla :

- C'est pour une bonne raison. Vous deviez d'abord apprendre ce qu'est la « paix » dont jouissent beaucoup d'hommes après leur mort. En effet, vous dites souvent lors d'un enterrement : « Maintenant, qu'il repose en paix ». Ce soir, vous avez vu ce qu'était cette paix. Vous ne pouviez pas imaginer la souffrance de ces esprits malheureux avant qu'eux-mêmes découvrent leur état, et la nécessité de s'adresser à Dieu. Tout enseignement est inutile. Ces esprits ne sont pas encore prêts, ils doivent d'abord être purifiés par leurs souffrances à recevoir une instruction. Ce soir, ils n'étaient pas prêts. Néanmoins, leur situation vous a été montrée pour une autre raison !

Une gravité solennelle s'empara de lui et sa voix devint digne et sérieuse :

- Aujourd'hui, l'un d'entre vous a songé à se suicider et il a déjà pris ses dispositions.

Une des personnes présentes s'écria brusquement :

- C'est moi, mon Dieu, c'est moi !

- Oui, c'est toi, dit l'esprit d'une voix plus calme et plus douce. Grâce au suicide, tu as cru pouvoir échapper à la pénible croix que tu portes depuis tant d'années, afin de trouver le repos et la paix. Tu viens de découvrir ce que signifie vraiment le « repos éternel » qui t'attendait. Espérons que cela t'a servi de leçon. Ainsi, cette soirée aura été un bienfait pour toi.


En dehors des séances, je m'efforçais de vérifier si ce qui m'avait été communiqué ou prédit à travers les médiums se réalisait. Si ce que nous pouvions vérifier s'avérait exact, nous n'aurions alors aucune raison de douter des leçons pas encore vérifiables. Je vais donner quelques-uns de mes constats et qui devraient convaincre toute personne sans préjugés.


~ La visite de mon église en compagnie du médium.

Un jour, le médium de la ville me rendit visite dans mon presbytère. Nous étions assis dans mon bureau en discutant de diverses choses et ma gouvernante, occupée à la cuisine, venait de temps à autre dans le bureau. Quand nous nous retrouvâmes seuls, le garçon entra en transe et l'esprit s'adressa ainsi à moi :

- Ta gouvernante vient d'aller au jardin pour y travailler. Je voudrais profiter de son absence pour te parler. Viens, fais-moi visiter ton église !

Ni moi, ni le garçon pouvions savoir que ma gouvernante était partie dans le jardin derrière le presbytère. On y accédait par la cuisine qui se trouvait au bout du couloir. Mon bureau se trouvait du côté opposé et il nous était impossible de voir ou d'entendre ce qui se passait là-bas. Je me levai et mon visiteur, toujours en transe, me suivit. Il marchait lourdement, les yeux clos. L'église était contiguë au presbytère. Pas besoin de traverser la rue pour y accéder, et par une porte latérale on pouvait même y entrer directement. Le garçon me dit :

- L'autel a été construit au-dessus d'un squelette enterré. Sous les dalles de la nef se trouvent d'autres restes humains car autrefois, c'était un cimetière.

Impossible. L'église était surélevée et les alentours n'offraient aucun espace pour des tombes.

- Renseigne-toi auprès des anciens de ta paroisse, dit-il. Peut-être qu'ils te donneront des explications à ce sujet.

Puis il tourna ses yeux fermés vers la tribune où se trouvait l'orgue :

- Tu sais que je n'ai pas l'habitude de parler des choses matérielles. Mais aujourd'hui je ferai une exception. Tu as fait accorder l'orgue. Dis à ton organiste de rentrer les registres lorsqu'il a fini de jouer. Actuellement trois boutons sont à moitié tirés. La poussière et l'humidité pénètrent dans les tuyaux et vont altérer la pureté des sons. Je te dis ça parce que des sons purs et clairs rehaussent l'éclat du culte et proclament la gloire de Dieu.

La console était fermée, de sorte qu'il était impossible d'apercevoir les claviers et les registres, même en se tenant devant l'orgue. Depuis l'autel, nous ne pouvions rien voir. La clé pour ouvrir l'orgue était suspendue dans l'armoire de la sacristie. Nous nous dirigeâmes alors vers l'autel latéral, dont le tableau représentait la mort de saint Joseph. On y voyait Jésus et sa mère se tenant près du lit.

- Cette représentation est fausse, dit-il, Jésus n'était pas présent à la mort de Joseph.

Puis nous passâmes devant les étapes du chemin de croix. Devant celle de Véronique tenant le suaire avec l'imprimé du visage sanglant de Jésus, je lui demandai si cela correspondait à une légende ou à la réalité.

- C'est la vérité, fut sa réponse.

Devant la crucifixion du Christ, il me demanda subitement :

- Que penses-tu ? Qu'est-ce qui produit le plus de souffrances lors d'une crucifixion ?

Je lui répondis :

- Etre cloué.

- Non. C'est la soif. Les clous furent enfoncés d'un coup violent par les assistants du bourreau en causant d'abord un engourdissement douloureux. Dans les premières secondes, vos blessés de guerre n'ont pas senti la balle ou l'éclat d'obus. Mais la soif qui les a torturés à cause de la perte massive de sang était terrible. La soif peut rendre un homme fou. La mort par la soif est une torture qui n'a pas d'équivalent.

Chemin faisant nous atteignîmes une chapelle où trônait une statue en bois de la Vierge. Durant les siècles précédents, elle avait appartenu à un monastère dont les ruines étaient toutes proches.

- Depuis longtemps déjà, me dit-il, les esprits en peine condamnés à rester dans les ruines, cherchent cette statue.

Etonné, je demandai :

- Pourquoi cherchent-ils cette Vierge ? Il leur est très facile de la retrouver dans l'églsie. De plus, que pourrait faire cette statue pour ces esprits souffrants ?

- Tu ne comprends pas ? Vois-tu, les esprits condamnés à rester à certain lieu, n'ont pas le droit de franchir les limites imposées. A cause de cela, les esprits bannis à cette vallée ne peuvent atteindre ton église, ni retrouver la statue. Par elle-même, celle-ci ne peut rien pour eux. Mais avant, quelque chose de cette sculpture leur apportait un grand soulagement. Lorsqu'elle était encore exposée dans le monastère, les foules venaient l'honorer et la prier. On priait aussi pour les « âmes du purgatoire », comme vous appeliez ces esprits à l'époque. Si la prière n'efface pas leur faute, ni leur punition, ils ressentent quand même la récitation des prières, et leurs pensées se tournent alors vers Dieu. Cela les soulage et améliore leur état. Mais depuis que cette statue a été enlevée, la dévotion a été abandonnée. Les esprits sont alors privés de l'ancien bienfait donné par les prières. Ils savent qu'il existe un rapport entre les prières et la sculpture. C'est pourquoi ils aimeraient la voir à nouveau là où elle se trouvait autrefois.



Nous atteignîmes à nouveau l'escalier conduisant à la tribune de l'orgue. J'étais curieux de savoir ce qu'il en était des registres à demi-tirés. Une autre pensée également me préoccupait : je me demandais s'il savait jouer de l'orgue, d'autant que le garçon en était incapable. Mais je n'étais pas sûr que cet esprit aurait assez d'influence sur son corps pour remuer ses doigts et ses pieds aussi vite. Avec hésitation et timidité, je lui ai donc demandé s'il voulait bien en jouer.

- Si cela te fait plaisir, volontiers.

Je courus à la sacristie chercher la clé. Nous montâmes à la tribune, j'ouvris le couvercle et mon regard se porta immédiatement vers les registres. Trois d'entre eux étaient en effet à demi-tirés. L'esprit me rappela de le dire à l'organiste. Puis il s'assit devant l'orgue, tira les registres et commença à jouer. D'abord doucement et délicatement, avec des accords pleins de grâce, puis de plus en plus fort. Plus il jouait, plus les sons enflaient. Au point culminant de son jeu, ce fut comme une fluctuation impétueuse, fougueuse et orageuse, tous registres dehors, comme un ouragan qui déracine les arbres. Puis, progressivement, la force du jeu diminua pour expirer merveilleusement en accords doux et paisibles. Pas de doute, il ne pouvait s'agir que d'un grand maître en la matière.

A la fin, il remit en place tous les registres et se leva. Je refermais l'orgue. Il se tourna vers moi et demanda :

- Sais-tu ce que je viens de jouer ?

- Non.

- Ta vie, répondit-il calmement.

Je le fixai, étonné. Je ne pouvais pas imaginer qu'il était possible de « jouer la vie de quelqu'un ». Comme s'il avait lu ma pensée, il reprit :

- La vie d'un homme ressemble à un tableau. On peut peindre en utilisant des couleurs, mais on peut le faire aussi avec des sons. Chaque couleur représente un son et chaque son une couleur. Il existe des médiums qui « voient » tous les sons qui correspondent aux couleurs. Ils distinguent l'harmonie de la dissonance ainsi que la mauvaise harmonie, pas avec l'ouïe, mais en regardant la couleur des sons. Donc on peut jouer, c'est-à-dire reproduire avec les sons d'un instrument, chaque tableau comme si on déchiffrait des notes de musique. En tout cas, le monde des esprits en est capable.

Je ne comprenais rien à ses explications. Elles représentaient quelque chose de trop nouveau. En silence nous descendîmes pour regagner la nef de l'église. Juste devant la porte, il s'arrêta :

- Je ne peux pas retourner au presbytère avec toi. Je dois partir. Ta gouvernante revient à la maison. Je ne voudrais pas qu'elle voie le jeune homme en état de transe. Je vais me placer contre le mur. Tu tiendras son corps pour qu'il ne tombe pas quand je le quitterai.

Je suivis ses instructions et je dus employer toutes mes forces pour tenir le garçon debout. Il revint immédiatement à lui, étonné de se trouver dans l'église. Il se souvenait seulement que nous étions assis dans la maison. Quand je lui dis qu'il avait si bien joué de l'orgue, il hocha la tête en signe d'incrédulité. Et en même temps que nous ouvrions la porte d'entrée, la gouvernante entrait dans le couloir. Elle aurait donc bien rencontré le garçon en transe si l'esprit ne l'avait pas quitté avant.

En parlant avec lui, je me rendis compte qu'il ne savait rien des squelettes, ni des registres de l'orgue, ni de la mort de Joseph, ni du suaire de Véronique ou des douleurs du crucifiement, ni de la statue de la Vierge et de son histoire, ni des esprits condamnés à hanter les ruines du couvent ou des effets salutaires de la prière sur leur état. Plus tard, on m'expliqua qu'en effet un cimetière avait occupé l'endroit où se trouvait maintenant l'église.


~ Un moine spirite.

Un soir, un message transmis par le jeune médium « parlant » nous sembla invraisemblable : un moine bénédictin du monastère voisin assistait à des séances spirites dans une autre ville. Nous ne pouvions croire qu'un religieux puisse assister à des séances, alors que l'Eglise catholique tenait un discours radicalement opposé. Mais l'exactitude des propos nous fut confirmée.

Il faut dire que j'avais été dénoncé auprès de mes supérieurs d'avoir participé à des séances spirites. Une commission fut même déléguée pour enquêter sur les faits portés à la connaissance des autorités diocésaines et j'ai dû subir un interrogatoire à l'abbaye bénédictine. A cette occasion, je déclarai en toute franchise que j'avais effectivement pris part à des séances de ce genre et que j'avais même organisé des réunions dans ma paroisse. On me rappela qu'il était interdit aux catholiques romains de participer à ce genre de réunions. Je répondis que je ne connaissais pas cette directive et que si elle existait vraiment, je ne comprenais alors pas pourquoi un moine de ce même monastère y prenait part. Je n'ai pas donné ce détail pour me défendre, mais uniquement pour m'assurer des propos de l'esprit.

Indigné, le président de la commission d'enquête se mit en colère et insista sur l'interdiction de fréquenter ce type de réunion. Il considérait mes propos comme une calomnie. Je lui répondis calmement que je n'avais pas dit cela pour causer des ennuis au moine, mais, puisqu'on m'en avait informé, je voulais m'en assurer. Si l'information s'avérait inexacte, je m'efforcerais de rétablir la vérité. Le président stoppa l'interrogatoire et quitta la salle pour retrouver, comme je le pensais, le père abbé du monastère. Il revint l'air gêné, et confirma mes dires. Comme excuse, il ajouta que le religieux en question avait obtenu de son supérieur la permission de s'y rendre. L'information de l'esprit était donc exacte.


~ Une prédiction se vérifie.

Au cours de la procédure, une autre prédiction se vérifia : un jour, je fus sommé par courrier de comparaître devant l'évêque. A peine tenais-je la lettre, que le jeune médium de ma paroisse se présenta en expliquant qu'il a été poussé à venir :

- Vous venez de recevoir une lettre de l'évêché, me dit-il. A la date du... vous devrez comparaître devant l'évêque.

Je lui demandai combien de lignes il y avait dans la lettre. Mais il ne se trompa pas. Puis il entra en transe et l'esprit m'encouragea par ces mots :

- Ne crains rien. Espère en Dieu et n'aie pas peur ! Que peuvent te faire les hommes ?

Je répondis que j'avais l'intention de confesser à l'évêque les convictions acquises en communiquant avec le monde des esprits. Par conséquent, je devais m'attendre à une destitution, et, à la fin, d'être privé de ma fonction de prêtre. Il reprit la parole :

- L'évêque ne t'interrogera pas sur le monde des esprits, ni sur les convictions religieuses qui ont pu en résulter pour toi. Plus tard, à la suite d'une mise en congé, tu quitteras ta paroisse, en paix avec ta communauté, et non par destitution.

Il me semblait impensable que l'évêque ne m'interroge pas sur les réunions et les vérités qu'on m'y exposait. Pourtant, les choses se passèrent exactement comme l'esprit me l'avait prédit : l'évêque me donna lecture du décret d'interdiction promulgué par le Saint Office en 1917 précisant qu'il est interdit aux catholiques d'assister à des manifestations spirites36. Il me fit signer une note spécifiant qu'il m'avait lu ce décret, et me donna une pénitence pour mes violations antérieures. Il n'insista pas sur le fond de la question spirite.


Plus tard, j'obtins une pénible confirmation d'une autre prédiction. En effet, lors d'une séance on m'avait affirmé qu'une personne de notre groupe me dénoncerait. Nous n'avions jamais imaginé que l'un d'entre nous serait capable de trahir. Et pourtant, l'impensable se vérifia : une femme de notre cercle écrivit aux autorités épiscopales. Après cette dénonciation, ma chute devenait inévitable. Par ailleurs, j'avais fait une demande de mise en congé pour me consacrer plus librement aux tâches de bienfaisance. Mais cette requête ayant été sèchement refusée une première fois, je n'attendais plus de réponse favorable.

La procédure engagée par le tribunal ecclésiastique suivit son cours. Une date d'audience fut fixée et je fus sommé d'y assister. Mais j'avais confiance en la prédiction qui m'avait assuré que je quitterais ma communauté en paix, par la voie de la mise en congé. Et voici qu'à la dernière minute, j'ai reçu un télégramme du même tribunal expliquant qu'à la demande de l'évêque, la procédure venait d'être annulée. Le télégramme fut suivi d'une lettre de l'évêque m'accordant la mise en congé sollicitée, et me demandait aussi quand je souhaitais quitter ma fonction. Je lui ai donné le jour précis qui m'avait été annoncé depuis si longtemps, le 31 décembre 1925.


~ Bilan.

Lorsqu'on réfléchit calmement et posément à tout cela ( ce qui ne constitue qu'une petite partie des mes expériences ) on comprendra facilement que les raisonnements simplistes n'aboutissent à rien. Ni la « suggestion », ni la « transmission de pensée », ni le « subconscient » ne pouvaient expliquer ces phénomènes. Aucun des médiums, ni les autres personnes, ne connaissaient les sujets abordés. De fait, quelque chose que vous ne connaissez pas ne peut pas devenir « subconscience ». De plus, vous ne pouvez pas transmettre à d'autres personnes des pensées que vous n'avez jamais eues. Les expressions telles que « suggestion » ou « transmission de pensées » ne sont que des mots avec lesquels on croit exprimer bien des choses savantes, mais qui ne peuvent impressionner celui qui travaille méthodiquement. En réalité, c'est un vocabulaire qui ne définit rien de concret. Lorsque les concepts ne sont pas clairs, on invente toujours un mot de substitution. Concernant la « transmission de pensées », j'ai souvent tenté de communiquer la mienne aux médiums, aussi bien avant leur transe que pendant. Mais les manifestations qui suivirent n'ont jamais contenu une seule de mes pensées que j'avais essayé de leur transmettre. J'ai également incité d'autres personnes à envoyer au médium une pensée convenue à l'avance entre nous, mais sans succès.


La richesse de ce qui me fut donné par nos jeunes médiums, incultes disons-le, dépasse toutes les connaissances humaines en la matière. Et une seule explication arrive à être logique : ce sont bien des esprits désincarnés qui se servent d'eux pour nous convaincre de la réalité de l'au-delà, de l'existence de Dieu et du chemin qui nous mène vers Lui. Les chapitres suivants consacrés aux lois régissant la communication entre le Ciel et la terre apporteront d'innombrables preuves supplémentaires.


~ 5 ~



Les lois de la communication

entre le Ciel et la terre



« Je sais que tout ce que Dieu fait le sera pour toujours. A cela il n'y a rien à ajouter, à cela il n'y a rien à retrancher ». Ecclésiaste 3:14



~ Avant propos

Le monde spirituel m'avait promis de m'expliquer les lois qui gèrent les échanges entre le monde des esprits et le monde matériel des hommes. L'accomplissement de cette promesse allait m'apporter une nouvelle preuve irréfutable. Je ne connaissais rien de ces lois, et les médiums encore moins. Ils ne possédaient aucune notion des principes, et ne pouvaient donner aucune explication. Mais la promesse fut bien mieux respectée que je n'avais osé l'espérer : l'enseignement se présentait avec une telle clarté et une telle puissance de persuasion, qu'elle ne pouvait être que la vérité. A chaque question, je reçus des réponses détaillées et circonstanciées, sans jamais l'ombre d'une contradiction. Tout s'assemblait comme un mouvement d'horlogerie. Mon maître utilisait le même garçon qu'auparavant. Considérant son niveau d'instruction très moyen, la parole de Paul se vérifiait en lui :


« Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages  voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort  ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi  réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu37».



Ainsi commença son enseignement.

~ Ordre et loi dans la Création de Dieu

- Vous les humains semblez croire que seul votre monde matériel est régi par des lois. Erreur. Car Dieu est un Dieu de lois et de systèmes qui s'appliquent aussi bien à la création terrestre que spirituelle. Lui-même respecte Ses propres lois et n'en annule aucune. Par conséquent, nous les esprits devons également respecter les lois naturelles imposées par Dieu à chaque fois que nous voulons communiquer avec votre monde matériel. Et cela concerne aussi bien les bons esprits que les mauvais.

« Vous appelez miracle ce que vous ne parvenez pas à expliquer avec vos lois naturelles. Mais pour celui qui connaît les forces des mondes matériel et spirituel, le miracle n'existe pas. Car tout s'accomplit selon les mêmes lois immuables, dont aucune n'annule, ni remplace une autre. Lorsque tu soulèves une pierre, la loi de la pesanteur n'est pas supprimée  ta main. Si une pierre était soulevée sous vos yeux par une main invisible, cela vous apparaîtrait comme un miracle, parce qu'en ne voyant pas cette force, vous la verriez s'élever toute seule. Mais dans tous les cas, « une » force doit soulever la pierre. Que vous la voyiez ou non ne change rien : la pesanteur est vaincue par une force supérieure.

« A cause de Ses lois, Dieu Lui-même ne permettrait à une pierre de se soulever par elle-même. Sans doute aurait-Il pu décider d'autres lois pour ça. Mais maintenant qu'Il les a fixées, Dieu ne peut qu'autoriser l'action d'une autre force, supérieure à celle de la pesanteur. Et il en va de même pour tous les domaines. Pas de miracle non plus dans la communication entre les esprits et les hommes. Te parler à travers ce garçon obéit à des lois fixes que je dois observer, tout comme les mauvais esprits.

« Voyez vos lignes téléphoniques ! Que de lois naturelles pour qu'une conversation s'établisse ! Cela requiert une énergie, des fils et d'autres domaines, en harmonie avec les lois de l'électricité et l'acoustique. Une bonne soeur ou un assassin, ils obéissent tous deux aux mêmes lois scientifiques dès qu'ils décrochent leur téléphone. Afin de tout comprendre, tu dois connaître les principes fondamentaux qui établissent la communication entre le monde des esprits et la création matérielle. Quand tu auras tout compris, la plupart des choses que tu rencontreras dans ce domaine, et qui jusqu'ici vous semblent inexplicables, te deviendront compréhensibles.

~ Le Fluide, une force vitale.

- L'esprit et la matière, de natures différentes, ne peuvent agir l'un sur l'autre sans une interface, un intermédiaire. Ton esprit est incapable de bouger ta main par lui-même, exactement je suis incapable dans le corps de ce garçon, de le redresser, de soulever ses mains ou d'utiliser ses cordes vocales. Ton esprit, comme le mien, a besoin d'une force motrice, d'une énergie.

« Le conducteur a besoin d'électricité pour démarrer sa machine. Si la force motrice est absente ou insuffisante, la machine s'arrête. Dans ton cas, le machiniste est ton esprit, et la machine ton corps. Si la matière doit être bougée par l'esprit, la force motrice est nécessaire. Les sages appelaient cette force motrice l'âme par opposition à l'esprit et au corps. Ils enseignaient à juste titre que l'homme se compose de l'âme, de l'esprit et du corps. La Bible désigne la force vitale sous le nom de souffle de vie :


« Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant38»


« Votre science actuelle appelle la force motrice dans l'homme énergie fluidique. L'énergie fluidique, ou force vitale, se trouve dans tout, et autour de tout ce que SUITE DANS LE LIVRE

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Table des Matières




5- Les deux pilules de Matrix

7- Le Livre hors normes

10- Introduction

17- Expériences vécues

28- La décision

34- Confirmation de la vérité

52- Les lois de la communication entre le Ciel et la terre

82- La Communication avec les esprits dans la Bible

95- Qui sont les médiums ?

110- Comment se forment les Médiums ?

147- La consultation de Dieu dans la Bible

153- Les consultations des esprits dans la Bible

168- Les messages du Ciel à propos des doctrines religieuses

170- Enseignements sur Dieu

177- Enseignements sur la création de Dieu

193- Le plan de Rédemption de Dieu

213- Enseignements sur le Christ

267- L'enseignement du Christ comparé aux doctrines actuelles

347- Postface de Johannes Greber


351- La Prédiction des « Tombeaux »


Achevé d'imprimer en août 2005 sur les presses

de la Nouvelle Imprimerie Laballery

pour le compte des éditions

Le jardin des Livres

Dépôt légal : août 2005

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1 Voir Tout Alice, livre regroupant les oeuvres de Lewis Caroll  numéro 312, traduction de Henri Parisot avec les commentaires de Jean-Jacques Mayoux.

2 Pour l'Ecclésiaste, le « souffle » désigne la partie immortelle des êtres vivants qui retourne à Dieu après la rupture du fil d'argent, c'est-à-dire après le décès: Avant que lâche le fils d'argent, que la coupe d'or se brise, que la jarre se casse à la fontaine, que la poulie se rompe au puits et que la poussière retourne à la poussière comme elle est venue, et le souffle à Dieu qui l'a donné (Ecclésiaste 12:6-7).

3 L'Ecclésiaste, 3:19-21.

4 Jean 16:12-15.Traduction littérale du texte grec.

5 Jérémie 8:8-9

6 Philippiens 3:15. Traduction littérale du texte grec.

7 Lire à ce sujet le roman extraordinaire de Mika Waltari, L'Escholier de Dieu, dans lequel un jeune homme, follement amoureux d'une guérisseuse, la voit soudain emportée par l'Inquisition sous prétexte de commerce avec le malin. Seul le Christ peut guérir. Les plantes, elles, ne possèdent aucun pouvoir...

8 1 Thessaloniciens 5:19-22. Traduction littérale du texte grec.

9 2 Timothée 1:12.

10 Luc 11:9-13.Traduction littérale du texte grec.

11 Jérémie 33:3.

12 « Bonsoir » mais aussi « Salutations grüss de Dieu gott ».

13 Aucun des manuscrits originaux des évangiles n'a été découvert, nous ne possédons que des copies de copies. La copie la plus ancienne connue à ce jour est datée du IVe siècle.

14 Jean 20:28.

15 Jean 20:23.

16 Il s'agit du mot 

17 Mathieu 6:12.

18 Jean 20:22-23.

19 Mathieu 22:34-40 ; Marc 12:28-31 ; Mathieu 7:12  6:31 ; Luc 10:25-28 

20 La tradition de commander des messes à la mémoire des défunts se pratique même de nos jours.

21 Jean 4:1.

22 Jean 4:24.

23 Genèse 18:1-2.

24 Exode 3:2.

25 Exode 14:19.

26 Exode 32:30.

27 Exode 33:7-11.

28 Mot antique: écharpe de toile, que portaient les lévites, les prêtres hébreux.

29 Jean 16:12-13.

30 1 Corinthiens 12:1-11.

31 Psaume 74:9, Psaume 77:9, Ezéchiel 7:26, Lamentations 2:9.

32 1 Corinthiens 14:1.

33 Quelques scientifiques ont publié les résultats de leurs études des phénomènes spirites: Sir William Crookes de la Société Royale d'Angleterre (Recherches sur les phénomènes du spiritualisme), Camille Flammarion (Les forces naturelles inconnues) ou encore Albert de Rochas, administrateur de l'école polytechnique (L'extériorisation de la motricité, L'extériorisation de la sensibilité).

34 Que Dieu soit avec nous.

35 Une étude très complète sur ces esprits attachés à la Terre et sur les désordres mentaux qu'ils occasionnent chez certaines personnes a été menée par le psychiatre Carl Wickland. Avec l'aide de sa femme médium, il soigna des milliers de patients sous l'influence néfaste d'esprits ignorants et confus. Carl Wickland publia en 1997 le bilan de ses expériences dans un livre mondialement connu: Trente ans parmi les morts (Ed. Exergue).

36 Le 24 avril 1917, le Vatican avait publié un décret interdisant à tous les membres de l'Eglise catholique, religieux ou laïques, de communiquer avec le monde spirituel. Cette décision marquait un tournant dans la politique de Rome qui abandonnait ainsi sa tradition de l'enseignement mystique pour s'attacher au matérialisme du XXe siècle. La rupture fut d'autant plus grande que beaucoup de catholiques canonisés dans le passé, comme Sainte Catherine de Ricci, Sainte Lidwine ou Saint Oswald, avaient justement été déclarés « saints » en raison de leurs contacts fréquents avec l'au-delà.

37 1 Corinthiens 1:27-29.

38 Genèse 2:7.

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